Retraites : second test de la rue aujourd'hui

Publié le 23/09/2010 (mis à jour le 24/09/2010)
Second bras de fer entre la rue et le gouvernement aujourd'hui dans le cadre de la réforme des retraites.
Retraites : second test de la rue aujourd'hui
Retraites : second test de la rue aujourd'hui
Second bras de fer entre la rue et le gouvernement aujourd'hui dans le cadre de la réforme des retraites.

Vosges Matin, Jeudi le 23 Septembre 2010 / Fait du jour

Bernard Thibault, le leader de la CGT, estime que les tensions vont être de plus en plus graves si le gouvernement reste inflexible sur les principaux axes de la réforme des retraites. (Photo AFP)

Convaincus de réunir autant de monde dans la rue que le 7 septembre, les syndicats abordent avec confiance la grande journée de grèves et manifestations d'aujourd'hui tout en anticipant les prochaines étapes de la mobilisation contre la réforme gouvernementale des retraites.

Face à un gouvernement inflexible sur le recul de l'âge de la retraite, les syndicats jouent gros : ils doivent prouver qu'à deux semaines d'intervalle ils sont capables de réussir des mobilisations d'ampleur équivalente, alors même que la réforme a été adoptée par l'Assemblée nationale.

« Nul ne peut savoir ce que sera la mobilisation mais nous n'avons pas varié sur le coeur de la réforme », a encore réaffirmé le ministre du Travail Eric Woerth lors d'un déplacement hier.

Le 7 septembre, le nombre de manifestants s'était échelonné entre 1,12 million (ministère de l'Intérieur) et plus de 2,7 millions (CGT). Un même niveau de participation serait sans nul doute interprété par le gouvernement comme un essoufflement.

L'inconnue réside dans la mobilisation des étudiants ou lycéens. « On sent qu'il y a une attente et une envie de se bouger », indique-t-on à l'Unef, qui s'est efforcée de les mobiliser.

« Demain sera encore une grande journée de mobilisation populaire », a déclaré hier le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. A l'en croire, le gouvernement « est en plein doute » sur les vertus de sa réforme, qui affrontera l'épreuve du Sénat à partir du 5 octobre.

A la CGT, un optimisme prudent l'emporte. « Nous sommes plutôt confiants », déclare l'une de ses dirigeantes, Nadine Prigent, qui table sur un mouvement « très comparable, voire supérieur » au 7 septembre.

Au total, 231 manifestations auront lieu aujourd'hui, contre 213 le 7. Le leader de la CGT Bernard Thibault y voit la preuve d'»un ancrage plus important sur l'ensemble du territoire ».

Dans ce contexte de « tension » croissante avec l'exécutif, selon M. Thibault, le front syndical promet de tenir bon.

« Nous sommes dans un mouvement durable. La CFDT ne se désolidarisera pas de l'intersyndicale », a assuré M. Chérèque, brocardé en 2003 pour son ralliement à la réforme Fillon. D'autant que, souligne-t-il, au vu des enquêtes d'opinion, la protestation « est en train de gagner le soutien populaire ».

Au plan local, dans les entreprises et administrations, la CGT, Sud et la FSU soit encouragent, soit ne découragent pas les divers appels à des grèves reconductibles lancés.

Des blocages de routes ou de sites industriels sont possibles, comme cela s'est produit mardi pour un dépôt pétrolier de Total en Savoie, que la direction a décidé de fermer provisoirement.

Réunie pour la quatrième fois depuis le 7 septembre, l'intersyndicale nationale détaillera demain son dispositif de lutte.