Retraites : semaine décisive

Publié le 18/10/2010
Avant le vote du Sénat, mercredi , grèves dans les transports et demain, nouvelle journée d'action et de manifestations
Retraites : semaine décisive
Retraites : semaine décisive
Avant le vote du Sénat, mercredi , grèves dans les transports et demain, nouvelle journée d'action et de manifestations

L'Est Républicain, Lundi le 18 Octobre 2010 / Ouverture France-Monde

 

Dans l'action. Photopqr/EPA/Sylvain LEFEVRE

La réforme des retraites entre dans une semaine décisive avec une nouvelle journée d'action demain mardi, à la veille du vote du projet de loi sous tension au Sénat. Après un week-end marqué samedi par des défilés massifs, pour la cinquième fois depuis la rentrée, le mouvement de contestation arrive à une étape charnière, mettant à l'épreuve gouvernement et syndicats.Les opposants les plus radicaux sont-ils en mesure de paralyser le pays ?

« Ça peut partir très vite »

Outre la menace de pénurie de carburant, des actions plus dures sont annoncées dans les transports, notamment chez les routiers et les cheminots, qui pourraient faire la jonction avec la journée de grèves et manifestations de demain qui étendra les perturbations au trafic aérien.

«Les routiers sont contents de rentrer dans l'action. La semaine prochaine sera décisive, tout le monde le sait», a lancé la CFDT-Transport. Le syndicat, majoritaire du secteur, a promis des «actions en tout genre dans l'Hexagone» dès l'aube ce matin, n'excluant pas d'investir des sites pétroliers ou des axes stratégiques.

Autre point sensible, les convoyeurs de fonds envisagent des grèves, qui pourraient à terme entraver l'approvisionnement des distributeurs bancaires. «Ca peut partir très vite», prévient la CGT Brinks

Chez les cheminots, qui malgré des préavis de grève reconductible n'ont pas réitéré la paralysie de 1995, l'appel aussi est lancé. Le secrétaire général de la fédération CGT, a exhorté ses troupes à «poursuivre la grève et à la renforcer». Les quatre principaux syndicats de la SNCF ont annoncé un «rebond significatif» de la grève, promettant des actions qui feront «mal en terme de conséquences économiques», avec d'autres secteurs professionnels, et notamment les routiers. «Je pense que demain on aura un taux de grévistes qui va aller bien au-delà des 30% un peu classiques», a-t-il ajouté, affirmant qu'il y avait «un pourcentage non négligeable de déclarations préalables à la grève». «Il faut savoir perdre quelques jours de salaires pour gagner des années de retraite», a-t-il insisté.

«Le pays n'est pas bloqué. Ceci étant, la perturbation sur la vie quotidienne commence à être réelle. Le pays est ancré dans la mobilisation durable», a averti le leader de la CGT Bernard Thibault, qui a appelé à «suspendre» le vote au Sénat et reprendre des négociations.

« Si le dialogue reprend le problème est réglé »

«Si le dialogue reprend cette semaine, le problème est réglé», a insisté son homologue de la CFDT, François Chérèque, à propos du «risque de blocage de l'économie».

Le rendez-vous syndical d'hier sonne comme un ultime coup de semonce, avant le vote au Sénat, toujours prévu mercredi malgré la résistance de la gauche qui a déposé quelque 1.200 amendements.

L'Elysée, qui demeure inflexible sur le coeur de la réforme bâtie autour du recul de l'âge légal de 60 à 62 ans, mise sur un essoufflement de la mobilisation et du mouvement lycéen, avant le vote définitif au parlement fin octobre et les vacances de la Toussaint.

Le gouvernement sera aussi très attentif au débat qui pourrait agiter l'intersyndicale jeudi, misant sur d'éventuelles dissensions entre les centrales sur la conduite à adopter après le vote des sénateurs. Si pour le leader de FO, Jean-Claude Mailly, «ce n'est pas parce qu'une réforme est votée qu'elle s'applique», son homologue de l'Unsa, Alain Olive, estime que cela «change la donne», augurant des tiraillements qui n'épargnent ni la CGT, ni la CFDT.