Retraites : très forte mobilisation attendue

Publié le 07/09/2010
La France devrait tourner au ralenti aujourd'hui pour la journée d'action intersyndicale avec de fortes perturbations dans les transports, au moment où le parlement entamera l'examen de la réforme des retraites.
Retraites : très forte mobilisation attendue
Retraites : très forte mobilisation attendue
La France devrait tourner au ralenti aujourd'hui pour la journée d'action intersyndicale avec de fortes perturbations dans les transports, au moment où le parlement entamera l'examen de la réforme des retraites.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 07 Septembre 2010 / IG /

 

 Transports très perturbés, grèves dans de nombreux secteurs du privé et cortèges très fournis attendus dans toute la France.

LE FAIT DU JOUR

La journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites s'annonce très suivie, aujourd'hui, alors que la bataille s'ouvre au Parlement avec le début des discussions sur le projet de loi à l'Assemblée nationale. Tous les syndicats appellent à manifester.

Le Premier ministre François Fillon a dit s'attendre à « une mobilisation importante » à l'occasion de cette rentrée sociale exceptionnellement précoce, qui sera marquée par quelque 190 manifestations dans le pays et « un nombre impressionnant d'entreprises privées » en grève, selon le numéro un de la CGT Bernard Thibault.

Préparé avant même les vacances, ce rendez-vous crucial prend place dans un climat troublé : affaire Woerth-Bettencourt, querelles internes à la majorité, polémique sur la question de la sécurité à l'origine de manifestations samedi dernier, grogne dans l'Education nationale, où un appel à faire grève a toutefois été assez faiblement suivi hier.

Très confiants, les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FSU, Unsa) veulent faire « au moins » aussi bien que la précédente journée, le 24 juin (entre 800 000 et 2 millions de manifestants selon les sources). Ce jour-là, FO avait fait défection. Réussir le 7 septembre est « la seule chance » d'influer sur le destin de la réforme, a souligné François Chérèque, secrétaire général de la CFDT.

Ce mouvement est populaire : de 63 % à 70 % des Français l'approuvent, selon deux sondages. Ils sont plus partagés (moitié-moitié) sur la mesure phare, le recul de 60 à 62 ans de l'âge légal de la retraite.

Les transports ferroviaire, urbain et aérien, notamment, seront fortement perturbés : 2 TGV sur 5 par exemple, 1 métro sur 2 ou sur 3 sur la plupart des lignes à Paris. Les syndicats de magistrats appellent aussi à une journée « justice morte » avec renvoi de toutes les audiences non urgentes. Les quotidiens nationaux seront absents des kiosques mercredi.

Le président Nicolas Sarkozy s'est dit « extrêmement déterminé » à « régler la question de l'équilibre des régimes de retraite ». Une chose « ne changera pas : le recul de l'âge de départ à 62 ans », a soutenu son conseiller spécial Henri Guaino. Pour le reste, il peut y avoir des « négociations » si « l'impact financier » d'éventuelles modifications « ne remet pas en cause l'équilibre » global, a-t-il précisé.

L'exécutif a gardé dans sa manche de quoi faire quelques concessions. Il fera cette semaine « des propositions supplémentaires » concernant la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés. Mais pour le moment, il « ne bouge pas d'un iota », a déploré la CFTC après avoir rencontré Eric Woerth hier. Pour François Chérèque, « tant que le gouvernement ne remettra pas en cause les 62 ans et les 67 ans, la réforme ne sera pas acceptable ».