Retraites : une journée-test demain

Publié le 23/06/2010 (mis à jour le 24/06/2010)
Pour la quatrième journée de mobilisation depuis début 2010 sur l'emploi et les retraites, environ 200 manifestations sont annoncées demain par les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa) et les appels à la grève se sont multipliés dans les transports (SNCF, RATP, transports urbains, Air France).
Retraites : une journée-test demain
Retraites : une journée-test demain
Pour la quatrième journée de mobilisation depuis début 2010 sur l'emploi et les retraites, environ 200 manifestations sont annoncées demain par les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa) et les appels à la grève se sont multipliés dans les transports (SNCF, RATP, transports urbains, Air France).

Vosges Matin, Mercredi le 23 Juin 2010 / France 

 

200 manifestations sont annoncées demain dans toute la France. Photo d'archives

L'intersyndicale escompte mobiliser davantage que lors de la précédente journée, le 27 mai. La gauche, dont le Parti socialiste, s'associe à la journée. Force ouvrière FO), qui a organisé le 15 juin sa propre mobilisation contre la réforme, n'appelle pas formellement à participer mais n'exclut pas que des militants se joignent localement.

La CFE-CGC prévoit aussi la présence de certains adhérents (banque, fonctions publiques). Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, a appelé les Français à être « beaucoup plus d'un million » dans la rue pour que « le chef de l'Etat perçoive qu'ils ne sont pas d'accord » avec la réforme des retraites, comme le montrent plusieurs sondages récents.

Possibles « évolutions »

Son homologue de la CFDT, François Chérèque, a parié sur « une très grosse manifestation » contre « la réforme la plus violente en Europe ». Le 24 juin sera certainement la dernière journée d'action avant le passage du projet de loi en Conseil des ministres le 13 juillet et avant les grandes vacances.

Les syndicats tablent sur le fait que chaque salarié du privé ou fonctionnaire a pris conscience de l'impact de la réforme pour lui-même depuis l'annonce il y a une semaine du détail du projet gouvernemental, construit autour du report de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans en 2018.

« La mobilisation sera certainement forte, nous l'attendons, nous ne la redoutons pas », a déjà estimé le ministre du Travail, Eric Woerth, affirmant que « si on retire le projet, il n'y a plus de système de retraite ». Alors que davantage de fonctionnaires pourraient grossir les cortèges, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique Georges Tron a lui aussi prévu une journée « suivie » mais qu'il « ne redoute pas ».

Vendredi, après deux jours laissés aux partenaires sociaux pour suggérer des modifications, Nicolas Sarkozy a ouvert la voie à de possibles « évolutions » sur la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés, sans remettre en cause le calendrier de la réforme, dont l'examen au Parlement débutera en septembre. Le projet, « nous allons essayer de tenter de l'améliorer [...] mais ce texte est déjà bon », a réaffirmé hier M. Woerth.

Le gouvernement est « prêt à examiner le calcul de la retraite des agriculteurs sur la base des 25 meilleures années », comme le revendique la profession, a déclaré hier le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, à l'Assemblée nationale.

« Nous allons engager les travaux techniques sur ce sujet-là pour répondre [...] aux préoccupations qui ont été manifestées par les exploitants agricoles », a-t-il ajouté.

Dans son projet de réforme des retraites, le gouvernement a pris deux mesures importantes en faveur des agriculteurs, dont les retraites sont bien inférieures à la moyenne nationale. Mais il n'a pas entendu l'une de leurs principales revendications, un alignement de leurs retraites sur celles du régime général. Les retraites du régime général sont calculées sur les 25 meilleures années alors que pour les agriculteurs, le calcul se fait sur l'ensemble de la carrière.