Revalorisation des salaires : les profs veulent plus

Publié le 30/03/2010
Les revalorisations salariales annoncées déçoivent une profession qui dit souffrir d'une dégradation des conditions de travail et d'un manque de considération de la société.
Revalorisation des salaires : les profs veulent plus
Revalorisation des salaires : les profs veulent plus
Les revalorisations salariales annoncées déçoivent une profession qui dit souffrir d'une dégradation des conditions de travail et d'un manque de considération de la société.

Mardi 30 Mars 2010, © Vosges Matin / FRANCE

Près d'un quart du corps enseignant sera mieux payé à la rentrée prochaine.
Il y a de la déception et de la colère', a résumé Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU (première fédération de l'Education). A la rentrée 2010, les 20 000 professeurs débutants bénéficieront d'une augmentation de salaire de 157 euros nets par mois s'ils sont professeurs des écoles ou certifiés et de 259 euros nets s'ils sont agrégés, avait annoncé dimanche le ministre Luc Chatel. En outre, pour lisser les salaires, 170 000 enseignants ayant moins de sept ans d'ancienneté bénéficieront d'une hausse de 660 euros nets en moyenne par an pendant sept ans. 'On se moque de nous' Ce plan de carrière présenté par le ministre de l'Education comprend aussi des mesures sur la gestion des ressources humaines (entretiens, portail internet) et sur la santé (bilan à 50 ans). En marge du Salon du Livre à Paris hier, Luc Chatel a une nouvelle fois défendu ces annonces, parlant 'de réelles avancées de ressources humaines'. Mais les syndicats, conviés aujourd'hui au ministère, ont dénoncé le fait que seront exclus des mesures de revalorisation les trois quarts de la profession. La France compte au total 857 300 enseignants. '75% des enseignants restent sur la touche' , a ainsi fustigé le SE-Unsa. 'On se moque de nous !', a renchéri le président du Snalc-Csen, Bernard Kuntz, tandis que le Sgen-CFDT soulignait une 'absence de dialogue social'. De son côté, le Snes-FSU (collèges et lycées) a calculé que sur toute une carrière, la revalorisation annoncée correspondait à '30 euros de plus par mois' , alors que le niveau de recrutement est relevé (à niveau bac +5, à la rentrée 2010). 'Quelle entreprise oserait parler de revalorisation ?' , s'est indigné le syndicat. A la rentrée 2009, le salaire net mensuel minimum d'un professeur des écoles ou certifié débutant était de 1 386,13 euros et le salaire net maximum après 30 ans de carrière de 3 109 euros. Celui d'un professeur agrégé débutant était de 1 620,95 euros et de 3 940,43 euros après 30 ans de carrière. 'La revalorisation des débutants apparaît faible par rapport à l'allongement du temps d'études et au niveau de recrutement des diplômés d'un master dans le privé et d'autres administrations. Cela va générer des problèmes de recrutement dans certaines disciplines, notamment technologiques et scientifiques' , a expliqué Claude Lelièvre, historien de l'Education. Au-delà de la fiche de paie, les syndicats disent être loin de la promesse de Nicolas Sarkozy de revaloriser l'ensemble du corps enseignant. 'Il faut aussi prendre en compte la pénibilité du travail, qui s'accroît' , a affirmé le Snes-FSU, citant les classes surchargées, les difficultés de remplacer les professeurs absents ou la diminution de l'offre éducative. Pour M. Lelièvre, 'les enseignants, surtout en primaire, souffrent d'abord d'un manque de reconnaissance de la société. La revalorisation ne suffit pas à contrebalancer ce sentiment'.