Révolution salariale

Publié le 29/06/2010
Dans le climat ambiant où l'exemple de la probité et de la décence ne vient pas toujours de haut, la « révélation » de confortables primes de résultat attribuées aux préfets peut alimenter des constats désabusés sur le déclin des valeurs de service public et durcir la négociation en cours sur l'évolution du point indiciaire des fonctionnaires.
Révolution salariale
Révolution salariale
Dans le climat ambiant où l'exemple de la probité et de la décence ne vient pas toujours de haut, la « révélation » de confortables primes de résultat attribuées aux préfets peut alimenter des constats désabusés sur le déclin des valeurs de service public et durcir la négociation en cours sur l'évolution du point indiciaire des fonctionnaires.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 29 Juin 2010 / IG /

 

Mais, en l'espèce, on ne peut accuser le gouvernement d'avoir dissimulé de tels versements, puisqu'ils résultent d'un décret du 22 décembre 2008 introduisant la prime de fonction et de résultats (PFR) pour les catégories A de fonctionnaires (donc les préfets et sous-préfets) avec extension progressive aux autres catégories. Quant aux montants - là où sans doute la transparence n'est pas totale - ils ne devraient pas conduire à faire surgir des Kerviel dans la préfectorale puisqu'il s'agit d'une distribution plus individualisée d'un volume de primes jusqu'ici réparti de façon plus égalitaire.

Si la « révélation » du jour n'en est pas une, elle attire néanmoins l'attention sur une réforme de la rémunération des fonctionnaires dont Nicolas Sarkozy a fait un des grands objectifs de son quinquennat. Elle est passée au second plan, derrière la baisse des effectifs de fonctionnaires qui mobilise prioritairement les syndicats. S'ils n'ont pu bloquer l'apparition des PFR, ils sont vent debout contre un projet d'accord-cadre pour la création d'un intéressement collectif - déjà en vigueur à Bercy, à l'Intérieur et à la Défense -, qui leur a été proposé en février dernier. Certains syndicats, comme la CFDT, seraient ouverts à un tel dispositif, mais encore faut-il que les critères d'évaluation soient incontestables et, surtout qu'il y ait du « grain à moudre ». Nicolas Sarkozy avait en effet promis que la moitié des économies résultant de la diminution du nombre de fonctionnaires leur serait reversée sous forme financière. Or, selon les chiffres officiels, on vient d'apprendre que s'il y a bien eu baisse des effectifs en 2009, quoique inférieure aux prévisions, la charge des rémunérations a augmenté. Notamment du fait de l'augmentation des... primes.

Cherchez l'erreur.

Jean-Michel HELVIG.