Riches : une contribution symbolique

Publié le 25/08/2011
L'opposition dénonce une mesure «emblématique du cynisme» du gouvernement.
Riches : une contribution symbolique
Riches : une contribution symbolique
L'opposition dénonce une mesure «emblématique du cynisme» du gouvernement.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 25 Aout 2011 / IG /

 

 

« C'est assez dérisoire », a déploréle président de la commission des Finances du Sénat,Jean Arthuis. Photo AFP

Comme promis, les riches seront mis à contribution pour aider la France à se désendetter, mais leur effort passera par une taxe limitée dans le temps, jugée « symbolique » par les experts. Le gouvernement va créer en 2012 une « contribution exceptionnelle sur les hauts revenus » de 3 % qui visera les revenus du travail et du capital dépassant 500 000 euros par an, et rapportera 200 MEUR annuels dans les caisses de l'Etat. Cette taxation sera supprimée lorsque le déficit public de la France aura été ramené à 3 % du PIB (après 2013).

« C'est assez symbolique et dérisoire », a déploré le président de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, qui s'est dit en désaccord avec une telle solution. A l'instar d'un grand nombre de parlementaires de la majorité et d'économistes, le sénateur centriste privilégiait la création d'une ou deux tranches d'impôt supplémentaires sur les hauts revenus.

Plus virulent encore, le Parti socialiste a dénoncé une mesure « emblématique » du « cynisme » du gouvernement, accusé de demander aux riches « de ne rendre qu'un neuvième » du « chèque » qu'il leur a fait en allégeant l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

« Les efforts demandés aux salariés sont assez conséquents » tandis que ceux « demandés aux entreprises et aux très hauts revenus sont beaucoup plus faibles », a fait écho la CFDT.

Faux, a répliqué François Fillon, venu défendre au 20 heures de TF1 son plan d'austérité et cette « mesure de solidarité ». « C'est le symbole de la participation de l'ensemble de la nation à l'effort » dans une « situation difficile », a-t-il estimé, assurant que 83 % des efforts demandés visaient « les grandes entreprises, les détenteurs de patrimoine et les revenus très élevés ».

Plusieurs grandes fortunes françaises, dont Liliane Bettencourt, s'étaient dites prêtes, dès mardi, à une contribution « exceptionnelle » mais « raisonnable ».

« Ils ont pris les devants en disant 'taxez-nous un peu', car ils savent qu'ils sont très peu imposés », balaye Thibault Gajdos, économiste au CNRS.

Mais, au-delà du combat politique, les économistes estiment que le compte n'y est pas. « C'est vraiment de la symbolique politique », lance Elie Cohen, directeur de recherches au CNRS. Selon lui, à huit mois de la présidentielle, le gouvernement a voulu « aller dans le sens de l'opinion, favorable à une taxation des plus riches ».