Risques

Publié le 11/10/2010
Deux sondages publiés ce week-end sont particulièrement éclairants. Le premier indique que le soutien de la population au mouvement de rejet de la réforme de la retraite concoctée par le gouvernement ne se dément pas, avec 71 % des Français considérant « légitimes » les journées de mobilisation à l'appel des syndicats. Le second montre qu'il ne reste que 31 % des sondés pour adhérer à un mouvement dur de grèves reconductibles, 49 % souhaitant même que ces grèves s'arrêtent très vite.
Risques
Risques
Deux sondages publiés ce week-end sont particulièrement éclairants. Le premier indique que le soutien de la population au mouvement de rejet de la réforme de la retraite concoctée par le gouvernement ne se dément pas, avec 71 % des Français considérant « légitimes » les journées de mobilisation à l'appel des syndicats. Le second montre qu'il ne reste que 31 % des sondés pour adhérer à un mouvement dur de grèves reconductibles, 49 % souhaitant même que ces grèves s'arrêtent très vite.

 

Ces deux instantanés confortent la stratégie développée depuis le début du mouvement protestataire par les directions nationales de la CFDT et de la CGT qui, autant que l'exécutif, s'apprêtent à vivre leur semaine de tous les dangers.

 Ces derniers jours, François Chérèque et Bernard Thibault, dans une moindre mesure, ont multiplié les réunions pour calmer les ardeurs de leurs bases chauffées à blanc par les surenchères de la FSU, de Sud, mais aussi des formations politiques d'extrême gauche. Ils ont été rejoints ce week-end par un proche de Dominique Strauss-Kahn, le député Jean-Marie Le Guen, auteur d'une mise en garde sévère contre les dangers d'une radicalisation. Avec les appels téléguidés par SMS qui ont engendré la semaine dernière un début de mobilisation des lycéens, le risque de voir le mouvement contre le projet gouvernemental devenir incontrôlable est réel. Le gouvernement et les syndicats connaissent pourtant l'état des lieux. Après cinq journées nationales de mobilisation, l'exécutif est de moins en moins enclin à céder sur l'essentiel de sa réforme. Et les grandes centrales savent, elles, que les salariés, y compris dans le public, ne se mobiliseront pas durablement dans des grèves longues, coûteuses et sans doute vouées à l'échec. Or, un tel échec offrirait sur un plateau un bonus politique à Nicolas Sarkozy sur le thème de la fermeté récompensée. François Chérèque et Bernard Thibault n'en font pas mystère : pour eux, le prochain round doit être politique, avec la capitalisation dans les urnes de l'élan de sympathie engrangé grâce à une opposition déterminée et raisonnable. C'est pourquoi ils s'attachent à circonscrire les derniers feux de la contestation contre la réforme des retraites à un mouvement encadré par des journées de mobilisation à date fixe et susceptibles de grappiller de nouvelles concessions.