Salaires des routiers : l'impasse

Publié le 10/12/2009
La négociation salariale entre le patronat et les syndicats du transport routier a tourné court hier malgré la proposition du gouvernement de réduire de 100 millions d'euros la taxe carbone des entreprises du secteur afin de les encourager à faire des concessions aux salariés.
Salaires des routiers : l'impasse
Salaires des routiers : l'impasse
La négociation salariale entre le patronat et les syndicats du transport routier a tourné court hier malgré la proposition du gouvernement de réduire de 100 millions d'euros la taxe carbone des entreprises du secteur afin de les encourager à faire des concessions aux salariés.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 10 Décembre 2009 / IG /
Les syndicats de routiers ont accueilli avec colère la proposition jugée insuffisante du secrétaire d'Etat, Dominique Bussereau, de réduire de 100 millions d'euros la taxe carbone, et ont quitté la table des négociations salariales un peu avant minuit et après quelque 10 heures de discussions. « On nous prend pour des cons, on va aller au conflit, c'est tout », a déclaré Gérard Martinez (FO). Selon lui, les 100 millions proposés permettraient au patronat d'augmenter les salaires de 1 %. « On a affaire comme d'habitude à des patrons qui se comportent comme des chasseurs de primes », qui « ne pensent qu'à une seule chose : se faire payer les salaires par quelqu'un d'autre », a lancé Maxime Dumont (CFDT). « Les salariés ont fait des propositions, l'Etat en a fait, de l'autre côté on a un mur », a-t-il déclaré. Les syndicats réclament des hausses minimales de 4 % des salaires, le patronat propose une augmentation de l'ordre de 2 %. Les syndicats doivent se réunir en intersyndicale pour décider s'ils reviennent ou non à la table de négociations pour une nouvelle séance cet après-midi. Faute d'accord avant demain, les routiers menacent de bloquer à partir de dimanche soir des entrepôts de la grande distribution, ce que le gouvernement souhaite empêcher à quelques jours des fêtes. Les syndicats des quelque 500 000 salariés du transport routier ont appelé à la grève notamment pour obtenir des hausses de leurs salaires et de leurs frais de déplacement. Dans la journée, le secrétaire d'Etat avait proposé la tenue « d'états-généraux du transport » en janvier pour mettre à plat l'ensemble des problèmes du secteur.