Santé : la gratuité coûtera plutôt cher aux sans-papiers

Publié le 04/11/2010
Les restrictions de l'Aide médicale d'Etat critiquées
Santé : la gratuité coûtera plutôt cher aux sans-papiers
Santé : la gratuité coûtera plutôt cher aux sans-papiers
Les restrictions de l'Aide médicale d'Etat critiquées

L'Est Républicain, Jeudi le 04 Novembre 2010 / France-Monde

 

Les syndicats CFDT et Solidaires se sont joints hier aux critiques des associations et de l'opposition contre les restrictions apportées par la majorité au dispositif de l'Aide médicale d'Etat (AME), destinée aux étrangers en situation irrégulière aux faibles ressources.

Les députés UMP ont notamment instauré mardi un droit d'entrée de 30 euros par an pour bénéficier de l'AME, alors que cette couverture médicale était accordée gratuitement aux sans-papiers démunis. La majorité a également exclu du champ de l'aide les actes au faible «service médical rendu».

Ces modifications ont été apportées dans le cadre de l'examen par l'Assemblée nationale du budget 2011.

« Problème de santé aggravé »

Pour la CFDT, le droit d'entrée «pose le problème de l'égal accès aux soins sur le territoire» et «aggrave un problème de santé publique parmi des populations fragiles les plus frappées par la tuberculose, le sida et des maladies infectieuses».

«Cette décision coûtera plus cher à la communauté, faute de prévention et de prise en charge des patients en temps utile», ajoute le syndicat, qui dénonce «une nouvelle stigmatisation des étrangers et une mesure inutile».

Pour l'Union syndicale Solidaires, «le gouvernement et sa majorité n'en finissent pas de faire payer aux plus démunis les réductions drastiques des dépenses publiques», avec «l'ensemble de la protection sociale» en ligne de mire. Le syndicat évoque également «une croisade idéologique anti-immigrés».

« Populistes »

Plusieurs responsables politiques ont également critiqué ces mesures, qualifiées notamment hier de «populistes» par le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac. Il a fait valoir «qu'on faisait l'impasse sur une politique de santé publique bien comprise en ciblant une population que l'on devine parfaitement, en jugeant que cette population coûte trop cher et en lui demandant de contribuer en sachant pertinemment qu'elle ne contribuera pas». Le PCF a parlé d'une restriction «cynique» et «irresponsable».

A l'inverse, la vice-présidente du FN Marine Le Pen a déploré une «réformette».

De nombreuses associations sont par ailleurs mobilisées contre les restrictions apportées à l'AME, dont Médecins du Monde, le Ciss (associations de patients), la Fnars, l'Uniopss (insertion) et l'ODSE (Observatoire du droit à la santé des étrangers).