Sarkozy au chevet de l'industrie

Publié le 05/03/2010
Nicolas Sarkozy a décrété hier la mobilisation générale pour enrayer le déclin de l'industrie française, menacée par la crise, en détaillant à Marignane une série de mesures renforçant les prérogatives de l'Etat notamment dans les entreprises publiques.
Sarkozy au chevet de l'industrie
Sarkozy au chevet de l'industrie
Nicolas Sarkozy a décrété hier la mobilisation générale pour enrayer le déclin de l'industrie française, menacée par la crise, en détaillant à Marignane une série de mesures renforçant les prérogatives de l'Etat notamment dans les entreprises publiques.

Vendredi 05 Mars 2010, © Vosges Matin / FRANCE

 
Sarkozy présente sa nouvelle politique industrielle.
 En conclusion des états généraux de l'industrie, le chef de l'Etat a brossé, chiffres à l'appui, un portrait des difficultés qui ont fragilisé, avant même la crise, les industries ' made in France' et proclamé sa volonté de tout faire pour que ' la France garde ses usines.' 'Vous démontrez qu'on peut être compétitifs et produire en France', a-t-il lancé à des ouvriers du fabricant d'hélicoptères Eurocopter, filiale du groupe européen EADS, ' la France doit garder ses usines, la France doit garder son appareil de production.' Au premier rang des accusés de cette ' désindustrialisation' , Nicolas Sarkozy a sévèrement étrillé les 35 heures, qui ont selon lui 'tué l'industrie française.' Il a également mis en cause ' les charges sociales ' et le manque d'innovation ou d'investissement des entreprises. Pour inverser la tendance, le gouvernement s'est donc fixé l'objectif d'augmenter la production industrielle du pays en volume de 25% (hors secteur de l'énergie) et de ' pérenniser' les effectifs industriels, qui ont reculé de plus d'un demi-million d'emplois depuis 2000. Pour l'économiste Karine Berger, cet objectif de hausse de 25% de la production en volume 'revient pour l'essentiel à rattraper le niveau de 2008.' Grand emprunt L'UMP a salué ' l'ambition' du projet, François Bayrou (MoDem), généralement critique, a ' approuvé la préoccupation' du président, et Martine Aubry (PS) n'y a vu qu'' agitation et discours.' ' Mesures décevantes ', a dit la CGT quand la CFDT était très réservée, et la CFTC satisfaite. Cette politique sera financée par l'Etat dans le cadre du grand emprunt. En plus des 5,5 milliards d'euros déjà alloués aux entreprises innovantes, aux transports et à l'espace, 500 millions d'euros de prêts bonifiés seront versés aux entreprises qui investissent pour produire propre. En outre, 300 millions financeront la ' structuration des filières' industrielles et 200 autres une ' prime à la relocalisation ' des entreprises en France. Une 'conférence nationale de l'industrie', à créer, devra proposer en septembre des ' mesures concrètes d'allègement et de simplification' de la réglementation. Mais surtout, l'Etat va renforcer son rôle dans la définition de la stratégie des entreprises publiques en y nommant des administrateurs supplémentaires.