Sarkozy monte au front

Publié le 24/02/2010
Pas question que les Français manquent de carburant pendant les vacances et... avant les régionales !
Sarkozy monte au front
Sarkozy monte au front
Pas question que les Français manquent de carburant pendant les vacances et... avant les régionales !

Mardi 23 Février 2010, © L'Est Républicain / FRANCE MONDE

 
L'ANALYSE. Les propos rassurants de Christine Lagarde et l'entretien entre Christian Estrosi et le président de Total n'ayant pas suffi à lever la menace de pénurie, Nicolas Sarkozy a décidé de prendre l'affaire en main. Après convocation à l'Elysée, la direction du groupe pétrolier a accepté d'avancer le comité central d'entreprise au 8 mars et répété qu'il n'y aurait pas de suppression d'emplois à Dunkerque. Un geste qui divise l'opposition syndicale, la CGT le jugeant insuffisant tandis que la CFDT salue une « avancée » et demande la suspension des grèves dans les raffineries. La fermeture obligée de stations-service constitue, de fait, une arme à double tranchant.

Impératifs inconciliables


Le chef de l'Etat ne veut pas en prendre le risque. Il n'ignore pas que les raffineries françaises tournent au ralenti pour cause de baisse de la consommation de carburant, mais il juge le moment très mal choisi pour annoncer des restructurations.D'autant que la direction de Total est coutumière du fait.
D'où les pressions pour rassurer les salariés au plus vite, tandis que le porte-parole de l'UMP affirme que la CGT « se bat pour l'emploi ». Au-delà de ces réactions, aux préoccupations électorales évidentes, c'est tout le volontarisme industriel de Nicolas Sarkozy qui est en cause. Si le chef de l'Etat refuse de baisser les bras, les patrons pensent compétitivité mondiale. Des impératifs parfois difficilement conciliables.


 

Chantal DIDIER