Sarkozy remet la fraude sociale au coeur du débat

Publié le 16/11/2011
Nicolas Sarkozy s'est posé hier en « garant » du modèle social français lors d'un déplacement à Bordeaux sur le thème des fraudes.
Sarkozy remet la fraude sociale au coeur du débat
Sarkozy remet la fraude sociale au coeur du débat
Nicolas Sarkozy s'est posé hier en « garant » du modèle social français lors d'un déplacement à Bordeaux sur le thème des fraudes.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 16 Novembre 2011 / IG /

 

 

« La fraude, c'est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l'esprit de 1945. C'est la fraude qui mine les fondements même de la République sociale », a martelé hier le chef de l'Etat. Photo AFP

A un peu plus de cinq mois de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont lancé hier l'offensive, très populaire à droite, contre la fraude sociale au nom de la protection du « modèle social français » en période de rigueur budgétaire.
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Dans un discours prononcé à Bordeaux et clairement dirigé contre la gauche, le chef de l'Etat s'est longuement posé en « garant » et en « protecteur » du modèle hexagonal de protection sociale qui date de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et il a fustigé tous ceux qui en profitent. Pendant ce temps, son gouvernement annonçait l'instauration d'une journée de carence pour les fonctionnaires en arrêt maladie et un quatrième jour de carence pour les salariés du privé.

« Voler la sécurité sociale, c'est trahir la confiance de tous les Français et c'est porter un coup terrible à la belle idée, nécessaire, de solidarité nationale », a lancé Nicolas Sarkozy sous les applaudissements. « Nous devons être sans indulgence contre les tricheurs et les fraudeurs », a-t-il insisté.

« Transformations »

La fraude sociale est évaluée grosso modo à 20 milliards d'euros par an, très largement imputable aux employeurs qui ne paient pas leurs cotisations, selon le rapport du député UMP Dominique Tian. Le ministre du Travail Xavier Bertrand l'estime à « près de 4 milliards d'euros » par an pour les seules prestations sociales. Selon Dominique Tian, la fraude aux prélèvements (cotisations patronales et salariales non versées en raison du travail au noir) s'élève quant à elle entre 8 et 15,8 milliards d'euros.

Tout en plaidant pour le « modèle social français », l'un des « meilleurs au monde », Sarkozy a estimé qu'il fallait également y apporter des « transformations ». Ainsi, « nous expérimenterons dans une dizaine de départements une obligation de travail de 7 heures (par semaine) pour les bénéficiaires du RSA comme l'a proposé Marc-Philippe Daubresse » secrétaire général adjoint de l'UMP suite à une proposition de Laurent Wauquiez. Le chef de l'Etat a par ailleurs relancé le débat sur la très polémique TVA sociale en annonçant un débat sur le financement de la protection sociale confié, avant la fin de l'année, à un Haut-conseil réunissant les partenaires sociaux.

« La fraude sociale tout compris, c'est 1/1000e des dépenses sociales de notre pays », a fustigé le député PS Jean-Marie Le Guen, pour qui Sarkozy « cherche des boucs émissaires ». La CFDT a accusé le gouvernement d'avoir « choisi le populisme » et estimé qu'il « instrumentalise la fraude et punit les malades ». FO a « dénoncé fermement la suspicion à objectif politicien que fait peser le gouvernement sur les salariés en situation d'arrêt maladie ». L'organisation a souligné que les « malades ne s'auto-prescrivent pas leurs arrêts maladie » et ne devraient pas être tenus pour « responsables d'une durée d'arrêt qui paraîtrait injustifiée ».