SeaFrance : l'espoir à la mer

Publié le 10/01/2012
La justice a prononcé la liquidation de la compagnie, les pistes de reprise semblent hypothétiques
SeaFrance : l'espoir à la mer
SeaFrance : l'espoir à la mer
La justice a prononcé la liquidation de la compagnie, les pistes de reprise semblent hypothétiques

© L'Est Républicain, Mardi le 10 Janvier 2012 / France-Monde

 

Colère et désespoir après la décision judiciaire du tribunal de commerce de Paris. Photo AFP

« EN FAISANT CROIRE qu'une reprise de SeaFrance était possible avec une Scop, le gouvernement a eu une attitude particulière... » Amertume dans les rangs d'une CFDT partagée entre le dépit d'une décision judiciaire, et des règlements de compte en interne. Secrétaire national en charge de l'emploi, Laurent Berger hésite entre la colère et l'amertume.

Colère contre l'issue finale : le tribunal de commerce de Paris a rendu hier une décision redoutée avec la liquidation judiciaire. Avec, à court terme, le licenciement attendu des 880 salariés.

La proposition de la SCOP envisagée par la fédération cédétiste de la compagnie n'a pas été retenue. Il manquait encore 50 millions. L'amertume de la CFDT représentée par son représentant national s'oriente, elle, contre la structure syndicale en interne.

Le matin même, François Chérèque avait déjà tiré à boulets rouges contre cette frange de ses troupes parlant de « honte » face au comportement « pas honorable », d'une « utilisation du sigle CFDT désastreuse » et de tromperie. Laurent Berger en rajoute une couche : « Le rôle d'un syndicat est de défendre l'emploi. On savait bien que le projet de la Scop n'était pas viable même après le marché de dupes du gouvernement ».

Il poursuit : « Dès l'été dernier nous nous étions constitué partie civile. S'il y a mise en examen, il y aura exclusion des personnes et des structures incriminées ».

Des pistesmais un espoir mince

Au-delà des inutiles regrets sur le soin qu'il aurait été peut-être utile d'apporter à l'étude d'autres options que celle de la Scop -mais rejetées par la CFDT maritime- se pose désormais la question du maintien de l'activité. SeaFrance touchée-coulée, reste l'étude du maintien de l'activité.

Trois hypothèses nourrissent quelques mesures d'espoir sur le plan de l'emploi, avec certes des objectifs à la baisse. D'abord la question du reclassement des salariés par la maison-mère SNCF, ou la piste du versement d'indemnités supra légales aux salariés licenciés. Ensuite l'hypothèse d'un retour au premier plan du tandem concurrent constitué de Louis-Dreyfus Armateurs et de l'entreprise danoise DFDS, mais avec un personnel réduit. Un collectif de non-syndiqués défendait ce dossier depuis plusieurs semaines. Lequel pourrait reprendre du crédit si la dette de 230 millions était effacée.

Autre piste, l'idée d'une Scop maintenue à la Cfdt, syndicat qui reste majoritaire à SeaFrance. L'annonce de rachat des ferries SeaFrance par Eurotunnel nourrira le débat dans les prochains jours.

Une construction théorique -le rachat des ferries et leur location à la Scop- qui reste, d'abord soumise à l'accord préalable des personnels, et leur engagement financier dans un projet considéré comme « non viable » par les juges.

Antoine PETRY