SeaFrance : les acteurs restent sur leurs positions

Publié le 06/01/2012
Situation au point mort
SeaFrance : les acteurs restent sur leurs positions
SeaFrance : les acteurs restent sur leurs positions
Situation au point mort

© L'Est Républicain, Vendredi le 06 Janvier 2012 / France-Monde

 

« Ils veulent liquider l'entreprise, et il faudrait la rebâtir », a déclaré Didier Cappelle, CFDT maritime Nord. Photo AFP

LA SITUATION DE LA compagnie de ferries SeaFrance était hier plus enlisée que jamais, le gouvernement et les porteurs du projet de reprise par une coopérative ouvrière (Scop) campant sur leurs positions quant au sauvetage de la filiale de la SNCF menacée de cessation d'activité.

Le sort de la société, qui emploie 880 salariés en CDI et a été placée en liquidation judiciaire avec poursuite d'activité, reste en effet incertain, malgré l'implication du chef de l'État dans le dossier cette semaine. Et la réunion hier en fin de matinée avec le ministre des Transports Thierry Mariani n'a pas fait avancer le dossier.

Une seule offre de reprise a été déposée, celle de la Scop, défendue par le syndicat CFDT, majoritaire chez SeaFrance. Le problème est qu'il manque à la Scop 50 millions d'euros pour financer son projet de reprise par les salariés.

Le gouvernement, qui était jusque-là peu enclin à sauver SeaFrance, a changé son fusil d'épaule lundi sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy. Il a proposé un montage financier dans lequel la SNCF apporterait son aide via le versement d'indemnités exceptionnelles aux salariés pour leur permettre de les réinjecter dans la coopérative. Il a aussi proposé que la SNCF rachète les bateaux afin de les relouer par la suite pour une somme modique à la Scop.

Mais mercredi, les artisans du projet de la Scop ont jugé le plan « pas faisable ».

Les leaders CFDT dans l'entreprise, qui défendent le projet de la Scop, ont estimé que la formule esquissée lundi par M. Sarkozy, soucieux de montrer son engagement à quelques mois de la présidentielle, « ne peut être envisagée en raison de l'insécurité juridique qu'elle engendre », dans une lettre ouverte recensant toute une série d'obstacles juridiques, commerciaux et techniques.

La SNCF propose un reclassement

Hier matin, le ministre de l'Industrie Eric Besson a toutefois déclaré que le gouvernement croyait encore au salut de SeaFrance. Éléments de réponse demain soir : le dossier de la Scop doit être rendu au tribunal de commerce de Paris, avant une audience lundi.

De son côté, le président de la SNCF Guillaume Pepy s'est engagé à proposer un reclassement dans l'entreprise à « l'ensemble des salariés » de SeaFrance, en cas d'échec du projet de reprise. Mais seul un petit nombre d'entre eux pourrait retrouver un emploi sur place, a-t-il averti.