SeaFrance : proposition déclinée

Publié le 05/01/2012
Les porteurs du projet de coopérative ouvrière (Scop) pour SeaFrance jugent que la proposition de Sarkozy de racheter la compagnie de ferries en Manche avec des indemnités de licenciement n'était « pas faisable ».
SeaFrance : proposition déclinée
SeaFrance : proposition déclinée
Les porteurs du projet de coopérative ouvrière (Scop) pour SeaFrance jugent que la proposition de Sarkozy de racheter la compagnie de ferries en Manche avec des indemnités de licenciement n'était « pas faisable ».

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 05 Janvier 2012 / IG /

 

 

Depuis la mi-novembre, les quatre navires de SeaFrance sont bloqués à quai. Photo AFP

La solution esquissée lundi pour SeaFrance par le président de la République « ne peut être envisagée en raison de l'insécurité juridique qu'elle engendre », écrivent les leaders de la CFDT, qui portent ce projet, dans une lettre ouverte recensant toute une série d'obstacles juridiques, commerciaux et techniques.

« On ne refuse pas l'offre de Sarkozy, on le remercie même, mais on dit que ce n'est techniquement pas faisable », a expliqué Didier Cappelle, l'un des porteurs de la Société coopérative et participative (Scop).

« Le président de la République nous a dit qu'il voulait absolument sauver SeaFrance », a-t-il poursuivi. « Etant donné que ce qu'il a proposé n'est pas possible, on lui demande de faire une table ronde pour qu'il puisse sauver les emplois ». « Le temps presse, il est urgent de réunir tout le monde pour trouver une vraie solution », a-t-il ajouté.

Le tribunal de commerce de Paris a donné aux porteurs du projet de coopérative ouvrière jusqu'à lundi pour fignoler son montage financier - alors que 50 millions d'euros sont nécessaires pour financer la Scop - mais le dossier doit être déposé demain avant 18 heures.

Nicolas Sarkozy a demandé lundi à la SNCF d'apporter son aide au projet de Scop par le versement d'indemnités exceptionnelles aux salariés - qui pourraient s'élever à 50 000 ou 60 000 EUR chacun - pour leur permettre de les réinjecter dans la coopérative.

Il a par ailleurs proposé que la SNCF rachète les bateaux afin de les relouer par la suite pour une somme modique à la Scop, seule offre en lice pour reprendre cette compagnie qui emploie 880 personnes en CDI à Calais (Pas-de-Calais) et qui génère au moins autant d'emplois indirects.

Selon la CFDT, « s'il y a liquidation, la SNCF ne pourra peut-être pas racheter les navires qui seront vendus aux enchères ». « Après il faudra [...] renégocier avec le port de Douvres et de Calais pour avoir le droit d'accoster. On perd le nom commercial, les systèmes de réservation fret et passager et donc l'accès à la clientèle », selon Didier Capelle. « Il faudra aussi recréer une filiale en Angleterre (..) indispensable à la gestion des escales » du côté britannique de la Manche. Enfin, une liquidation entraînerait des départs de salariés qualifiés et donc une « perte des compétences clés », poursuit le syndicaliste. « On ne veut pas d'une liquidation mais d'une cession, car avec une liquidation on aurait besoin de bien plus que 50 millions d'euros », a assuré M. Cappelle, plaidant pour un prêt de l'Etat qui serait remboursé par la vente d'un navire à une société d'économie mixte. Le ministre des Transports Thierry Mariani a fustigé «une très grosse impréparation» de la CFDT.