SeaFrance : soutien au projet de coopérative

Publié le 03/01/2012
Le gouvernement, réticent jusqu'ici, a décidé de soutenir le projet de coopérative (Scop) des salariés de SeaFrance, filiale de la SNCF, en liquidation judiciaire. Cette compagnie de ferries transmanche emploie plus de 800 personnes.
SeaFrance : soutien au projet de coopérative
SeaFrance : soutien au projet de coopérative
Le gouvernement, réticent jusqu'ici, a décidé de soutenir le projet de coopérative (Scop) des salariés de SeaFrance, filiale de la SNCF, en liquidation judiciaire. Cette compagnie de ferries transmanche emploie plus de 800 personnes.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 03 Janvier 2012 / IG /

 

 

Le projet de coopérative ouvrière est la seule offre encore en lice pour reprendre SeaFrance, filiale de la SNCF qui emploie 880 personnes en CDI à Calais, et génère au moins autant d'emplois indirects. Photo AFP

Après une réunion interministérielle qui s'est tenue à l'Elysée hier, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie et des Transports, a expliqué que l'Etat était prêt à aider les salariés de SeaFrance à investir dans leur propre compagnie via une Société coopérative et participative, ou Scop. Le gouvernement propose que les indemnités majorées que les salariés devraient percevoir pour cessation d'activité leur servent à investir dans le capital de la Scop.

Ce changement de cap intervient alors que le ministère des Transports s'était toujours montré sceptique sur la viabilité du projet de coopérative, Kosciusko-Morizet expliquant jusqu'à hier matin sur France Inter que cette solution «n'était pas possible».

Au tribunal aujourd'hui

Le dossier SeaFrance doit être examiné aujourd'hui par le tribunal de commerce de Paris. Le projet de création d'une Scop, défendu par le syndicat CFDT, est la seule offre à avoir été déposée pour sauver la compagnie.

Rappelant que les collectivités locales ont proposé de s'engager dans le projet à hauteur de 12 millions d'euros, Kosciusko-Morizet a indiqué que l'ensemble des fonds ainsi rassemblés permettrait de «couvrir» les besoins nécessaires à la création de la Scop, soit «40 à 50 millions d'euros».L'offre du gouvernement, qui a été présentée dans l'après-midi aux syndicats au ministère des Transports, «passe par le rachat des bateaux par la SNCF, qui les relouerait ensuite pour une somme modique à la Scop», a déclaré Didier Cappelle, secrétaire général de la CFDT Maritime Nord. Le syndicaliste a toutefois déploré que, dans ce cas de figure, la SNCF «resterait propriétaire des navires». La solution du gouvernement pour aider les salariés de la compagnie de ferries SeaFrance à reprendre leur entreprise en liquidation judiciaire, est un «montage juridique abracadabrantesque, qui a peu de chances d'aboutir», a réagi lundi l'avocat des salariés, Me Philippe Brun. Dans une lettre adressée aux porteurs du projet de la Scop Seafrance, rendue publique par l'Elysée, le président Nicolas Sarkozy expliquait hier soir avoir «demandé à la SNCF de mettre en place une indemnisation supra-légale exceptionnelle en faveur des salariés licenciés, afin de leur permettre d'apporter ces fonds à la Scop».