Sept syndicats demandent à être entendus

Publié le 11/09/2010
Les dirigeants de sept syndicats ont écrit à Nicolas Sarkozy et François Fillon pour leur demander « solennellement » d'entendre leur point de vue sur la réforme des retraites.
Sept syndicats demandent à être entendus
Sept syndicats demandent à être entendus
Les dirigeants de sept syndicats ont écrit à Nicolas Sarkozy et François Fillon pour leur demander « solennellement » d'entendre leur point de vue sur la réforme des retraites.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 11 Septembre 2010 / IG

 
A Metz, quelque 10 000 personnes se sont mobilisées mardi dernier. Photo Pascal BROCARD

Dans une lettre ouverte, les dirigeants de sept syndicats interpellent le sommet de l'Etat sur la réforme des retraites.

Cette lettre, signée conjointement par Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Bernard van Craeynest (CFE-CGC), Alain Olive (Unsa, autonome), Bernadette Groison (FSU) et Annick Coupé (Solidaires) est aussi adressée aux « membres du gouvernement, députés et sénateurs » de la majorité comme de l'opposition.

« Au nom des salariés, nous vous demandons solennellement d'entendre le point de vue des organisations syndicales dans la perspective de définir un ensemble de mesures justes et efficaces pour assurer la pérennité du système de retraites par répartition », écrivent-ils. « Le vote de ce projet dans sa logique actuelle n'est pas d'actualité », insistent les sept signataires.

Rappelant que « les salariés se sont mobilisés dans des proportions exceptionnelles le 7 septembre », notamment par des manifestations de rue, les syndicalistes dénoncent à nouveau « le caractère injuste et inefficace de la réforme des retraites ».

« Cette réforme va aggraver les inégalités sans répondre aux enjeux de long terme. La méthode utilisée qui a consisté pour l'essentiel à recevoir les syndicats, sans jamais réellement les entendre, a contribué à accroître les tensions », et « le calendrier précipité ne permet pas d'être entendu », poursuivent-ils.

Selon les sept syndicats, les aménagements annoncés mercredi par le président Nicolas Sarkozy « ne modifient pas la logique globale de la réforme proposée », dont « les injustices demeurent ».

Parmi les arguments de fond justifiant l'hostilité à la réforme, ils affirment que « le report des âges légaux va entraîner un prolongement du chômage pour les nombreux salariés qui ne sont plus en activité lorsqu'ils partent à la retraite, ce qui les pénalisera financièrement tout en reportant les charges financières sur d'autres comptes sociaux ». Et de conclure : « Au total, le projet de loi de réforme des retraites fait reposer l'essentiel de l'effort sur les salariés, ne répond ni aux questions d'emploi, en particulier des jeunes et des seniors, ni à la résorption des inégalités ni au besoin de financement ».