Smic : Chérèque veut un coup de pouce

Publié le 02/05/2011
Fustigeant l'idée des primes défendue par le chef de l'Etat, François Chérèque défend pour la CFDT une aide pour le Smic.
Smic : Chérèque veut un coup de pouce
Smic : Chérèque veut un coup de pouce
Fustigeant l'idée des primes défendue par le chef de l'Etat, François Chérèque défend pour la CFDT une aide pour le Smic.

Le Républicain Lorrain, Lundi le 02 Mai 2011 / IG
 

 

« Nous demandons un coup de pouce qu'on doit négocier », a dit le responsable syndical, sans chiffrer le montant de cette augmentation. Photo AFP

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a réclamé hier « un coup de pouce » pour le Smic au-delà de l'inflation, évoquant « un vrai problème de pouvoir d'achat » pour les salariés concernés qui sont les plus touchés par la hausse des prix. « Pourquoi je demande un coup de pouce au Smic au-delà de l'inflation ? Parce que les salariés qui sont au Smic justement, sont ceux qui ont le pouvoir d'achat qui est le plus atteint », a fait valoir Chérèque, expliquant que « les charges fixes qu'ils sont obligés de payer : les loyers, l'énergie, les transports, etc. augmentent plus que l'inflation ».

Environ 2,3 millions de Français, soit un salarié sur dix, sont payés au Smic. Sa revalorisation est automatique quand la hausse des prix atteint 2 % en glissement depuis la dernière revalorisation. Après avoir augmenté de 1,6 % le 1er janvier, atteignant 1 365 EUR (9 EUR bruts l'heure), il pourrait à nouveau augmenter autour de 2 % au 1er juillet prochain. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence en 2007, aucun « coup de pouce » n'a été donné au Smic lors des différentes revalorisations.

« Désillusions »

« Je préférerais que le président de la République se préoccupe de ce problème-là plutôt qu'il fasse ce qu'il fait sur les primes et qu'il amène beaucoup de désillusions ensuite », a affirmé Chérèque, évoquant la prime que le gouvernement a décidé d'imposer aux entreprises de plus de 50 salariés, si elles versent des dividendes en hausse à leurs actionnaires. Pour Chérèque, avec ce dispositif, « les salariés seront perdants parce que les primes ne compteront pas pour leur retraite » et « il y aura énormément de déçus ». « Cette prime va coûter moins cher à l'entreprise qu'une augmentation de salaires parce que l'impôt sur la société sera suspendu, donc inévitablement vous aurez dès la deuxième année moins d'augmentation de salaires et plus de primes et, au bout d'un moment, les salariés seront perdants », a-t-il insisté.

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a pour sa part affirmé hier qu'il y aurait « un gros écart » entre les annonces initiales du gouvernement sur une prime pour partager les profits de l'entreprise et le dispositif qui sera finalement retenu. Bernard Thibault a également réclamé « une revalorisation des salaires au-delà de la hausse mécanique du Smic ».