Smic : les syndicats montent au créneau

Publié le 17/05/2012
Le coup de pouce au Smic promis par Hollande doit être « significatif » et accompagné d'autres mesures pour les salaires, réclament les syndicats.
Smic : les syndicats montent au créneau
Smic : les syndicats montent au créneau
Le coup de pouce au Smic promis par Hollande doit être « significatif » et accompagné d'autres mesures pour les salaires, réclament les syndicats.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 17 Mai 2012 / IG
 
Environ 2,5 millions de salariés sont rémunérés au Smic (1 393  EUR bruts pour 35 heures). Photo Julio PELAEZ 

Le salaire minimum sera l'un des thèmes majeurs de la conférence sociale annoncée mi-juillet, avec le dossier des retraites. Le président Hollande a promis en juillet un relèvement exceptionnel du Smic, qui n'a pas augmenté plus que la revalorisation automatique depuis 2006, et a proposé d'introduire un critère de réévaluation lié à la croissance.

Sur le coup de pouce, deux syndicats revendiquent un effort conséquent : une hausse de 300 EUR pour la CGT («1 700 EUR bruts mensuels »), de 250 EUR pour FO qui plaide pour un SMIC mensuel net à 1 340 EUR, contre 1 096 EUR net aujourd'hui.

« Déraisonnable », s'alarme la CGPME, le patronat des petites et moyennes entreprises où la proportion de personnes au Smic est la plus élevée. « Les patrons de PME seront très vigilants à ce que le coût du travail n'augmente pas » et « ceux qui ne pourront plus payer licencieront », prévient Geneviève Roy, vice-présidente.

Patronat réservé

Sans surprise, Laurence Parisot, la patronne du Medef, se montre elle aussi très réservée sur un coup de pouce : « déconnecté des gains de productivité, (il) aboutirait à des pertes de compétitivité et aurait des effets négatifs sur l'emploi », prévient-elle. En revanche, sur le mode de calcul du Smic, « nous sommes prêts à discuter », a-t-elle déclaré après l'élection de François Hollande.

Les revendications de la CGT et de FO sont jugées « disproportionnées », y compris par les autres syndicats représentatifs. A commencer par le secrétaire général de L'Unsa, Luc Bérille, qui dénonce une « course à l'échalote entre la CGT et FO ». « Il faut regarder l'état de la situation économique », affirme aussi Philippe Louis, président de la CFTC, refusant les « surenchères ».

Pour François Chérèque, le leader de la CFDT, la réflexion doit « aller plus loin » car « il ne sert à rien d'augmenter des salariés qui sont au Smic toute leur vie ».

L'effet pervers des hausses du Smic est d'opérer « un tassement des salaires plus élevés », analyse elle aussi Marie-Françoise Leflon, secrétaire nationale pour l'emploi à la CFE-CGC, le syndicat des cadres.

Il est accentué par les exonérations sur les bas salaires, instaurées en 1993 pour favoriser l'emploi des peu qualifiés, et renforcées depuis (dégressives jusqu'à 1,6 Smic). L'Etat rembourse chaque année aux organismes sociaux plus de 22 milliards d'euros pour compenser les allégements. La CFDT veut « débattre avec le gouvernement des contreparties » qui pourraient être demandées aux entreprises « qui n'augmentent jamais leurs salariés ».