Smic : seulement le minimum légal

Publié le 15/12/2010
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance va progresser de 1,6 % en 2011, pour atteindre 9 EUR bruts de l'heure.
Smic : seulement le minimum légal
Smic : seulement le minimum légal
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance va progresser de 1,6 % en 2011, pour atteindre 9 EUR bruts de l'heure.

© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 15 Décembre 2010 / IG /

 

Près de 2,3 millions de Français, soit environ un salarié sur dix, verront leur rémunération, le Smic, augmenter mécaniquement au 1er janvier prochain. La hausse, très limitée, amènera leur salaire à environ 9 EUR bruts de l'heure. Pour la cinquième année consécutive, aucun coup de pouce n'a été consenti par le gouvernement.

La hausse du Smic a aussi un impact pour les salariés payés au voisinage du salaire minimum (soit un salarié sur cinq, chiffre 2007). Depuis la dernière hausse au 1er janvier 2010, le salaire minimum s'élève à 8,86 EUR de l'heure, soit 1 056 EUR nets environ pour 35 h hebdomadaires, sachant que les salariés à temps partiel sont sur-représentés chez les Smicards. La revalorisation attendue (+1,6%) porterait le Smic net à environ 1 073 EUR pour 35 h. Les Smicards - qui travaillent surtout dans les petites entreprises et dans les secteurs du commerce et des services comme l'hôtellerie et la restauration - toucheraient donc 17 EUR de plus en net par mois. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence en 2007, aucun « coup de pouce » n'a été donné au Smic lors des différentes revalorisations.

Xavier Bertrand a défendu la semaine dernière un tel choix au motif que la progression du salaire minimum ne concernerait que « 10 % des salariés », et qu'il préférerait « parler à 100 % des salariés ».

Avis d'experts

Les cinq experts, dont l'avis est habituellement suivi par le gouvernement, avaient déconseillé la semaine dernière tout coup de pouce, estimant notamment que la hausse du Smic pouvait « améliorer la rémunération des personnes en emploi » mais éloignerait du marché du travail « les plus fragiles ». Un raisonnement qui « fragilise le mécanisme du Smic », dénonce Marie-Alice Medeuf-Andrieu (F0) pour qui une revalorisation significative du salaire minimum est « favorable à l'économie ». Pour Michèle Chay (CGT) l'absence de revalorisation au-delà du minimum légal « est inacceptable » alors que « les frais de logement ou d'énergie continuent d'augmenter ». Laurence Laigo de la CFDT plaide pour « un coup de pouce raisonnable de 0,5 % ».