Smic : une vingtaine d'euros de bonus

Publié le 26/06/2012
Coup de pouce annoncée aujourd'hui, la hausse du salaire minimum concernera 2,7 millions de Français
Smic : une vingtaine d'euros de bonus
Smic : une vingtaine d'euros de bonus
Coup de pouce annoncée aujourd'hui, la hausse du salaire minimum concernera 2,7 millions de Français

© L'Est Républicain, Mardi le 26 Juin 2012 / Ouverture France-Monde + Vosges Matin

 

C'est trop pour les uns. Et pas assez pour les autres. Quelle sera l'ampleur du « coup de pouce » promis pendant la campagne par le candidat François Hollande en faveur du salaire minimum ? Annoncé pour aujourd'hui, le degré de la hausse a fait l'objet d'une intense réflexion au sein d'un comité d'experts chargé de trouver le juste équilibre. Selon les dernières fuites, il devrait se situer dans une fourchette comprise entre 2 % et 2,5 % d'augmentation pour un salaire mensuel de 1.398EUR bruts (1.096 EUR nets) sur la base de 35 heures hebdomadaires. Concrètement, pour les 2,7 millions de Français - 10 % de la population active - cela se traduirait par une hausse de 22 EUR... qui, d'ailleurs, engloberait un rattrapage lié à l'augmentation obligatoire de l'inflation. Autrement dit une hausse de 2 % ne serait, dans les faits, qu'un bonus de 0,6 %...« Un premier faux pas »

 

« Trop modeste » pour la CGT, « insuffisante » pour la CFDT, cette fourchette « basse » serait même un « premier faux pas » pour Jean-Claude Mailly pour Force Ouvrière.

Pour le gouvernement Ayrault, difficile de contenter tout le monde, les syndicats patronaux ayant déjà planté leurs arguments sur le thème de la nécessité de préserver les trésoreries des PME, qui emploient 75 % des smicards. Davantage de charges, c'est un coût du travail réhaussé, et donc un risque de perte de compétitivité face à l'étranger. Faux, rétorque Mailly, de loin le plus tranchant des représentants syndicaux, parlant du groupe d'experts comme d'une cellule de « libéraux » : « Personne n'a pu démontrer qu'une hausse du Smic détruisait de l'emploi ». Le syndicat réclamait 5 %.

Entre le devoir historique de marquer, même avec saupoudrage, le symbolisme du retour de la gauche aux affaires -- il avait été augmenté de 10 % en 1981 -- tout en s'épargnant le reproche d'une promesse non tenue, se pose également la nécessité de ne pas plomber les déficits. Outre la compétitivité du privé, il faudra rapidement réajuster les salaires de tous les fonctionnaires, soit un coût équivalent au milliard d'EUR. La dernière hausse substantielle du Smic remontait à 2006, sous le gouvernement de Villepin.

On l'aura compris, l'examen de cette mesure symbolique s'inscrit en plein dans la problématique européenne budgétaire du moment, entre relance de la croissance par la dépense, et réduction des déficits. Un exercice grandeur nature au début de l'été pour un président de la République qui enregistre les premiers bémols au registre de la popularité.

Antoine PETRY