SNCF : menace de grève pour les fêtes

Publié le 04/12/2011
Une menace de grève à la SNCF pèse sur les week-ends de décembre, dont ceux de Noël et du Nouvel An, en raison d'un préavis d'un syndicat de conducteurs lié aux nouvelles grilles horaires, mais la direction assure pouvoir désamorcer le conflit à temps.
SNCF : menace de grève pour les fêtes
SNCF : menace de grève pour les fêtes
Une menace de grève à la SNCF pèse sur les week-ends de décembre, dont ceux de Noël et du Nouvel An, en raison d'un préavis d'un syndicat de conducteurs lié aux nouvelles grilles horaires, mais la direction assure pouvoir désamorcer le conflit à temps.

© Vosges Matin, Dimanche le 04 Décembre 2011 / France 
 
La direction de la SNCF a affiché hier l'espoir que les tensions s'apaisent avant le 11 décembre et que le préavis ne soit pas suivi de grève. (Archives)

La fédération Fgaac-CFDT, qui représente environ le quart des conducteurs, a annoncé avoir déposé un préavis de grève à partir du 9 décembre pour dénoncer « la dégradation » des conditions de vie et de travail. Le préavis, qui n'a pas été suivi pour l'instant par d'autres syndicats, couvre quatre week-ends du vendredi 12 h au lundi 8 h : les 9-12 décembre, 16-19 décembre, 23-26 décembre et du 30 décembre au 2 janvier. A partir du 11 décembre, de nouvelles grilles horaires, intégrant notamment des travaux de rénovation du réseau, seront mises en place pour les 15 000 trains quotidiens. Cette modification à 85 % des horaires des trains, proportion inédite dans l'histoire de l'entreprise publique, crée des remous en interne et auprès des voyageurs.

La Fgaac-CFDT a « alerté l'ensemble des dirigeants de la SNCF sur le sentiment de malaise que vivent les agents de conduite, sans être écoutés », a expliqué Fabien Tosolini, affirmant être arrivé à « un point de rupture ». Pour M. Tosolini, « ce sont les conducteurs qui supportent la plus grosse charge du'cadencement'à venir » et cela « sans aucune reconnaissance de la part de l'entreprise ».

La direction de la SNCF a toutefois affiché hier l'espoir que les tensions s'apaisent avant le 11 décembre et que le préavis ne soit pas suivi de grève, assurant que la quasi-totalité des problèmes posés étaient « déjà réglés ».  « Pour nous, 98 % des problèmes levés sont déjà résolus dans les dépôts et donc on a bon espoir qu'avant le 11 décembre et avec la réunion de conciliation en début de semaine prochaine, le préavis sera levé », a déclaré la direction de la SNCF.

« Des réunions de concertation ont déjà eu lieu dans plusieurs régions qui se sont soldées par des solutions et un échange construit qui a abouti à des levées de dépôts. Il n'y a pas de raison que, pour celui-ci, ça ne soit pas le cas », a-t-elle ajouté. Interrogé sur BFM-TV, le ministre des Transports, Thierry Mariani, s'est aussi déclaré « optimiste ». « Le sens de la responsabilité l'emportera », a-t-il dit. Fustigeant un « chantage permanent » des syndicats, le ministre a souligné que la grève au moment des grands départs n'était pas « la meilleure démarche pour remonter l'image des entreprises publiques ».

Les week-ends précédents, un autre syndicat, SUD-Rail, avait également fait cavalier seul en déposant un préavis de grève pour les contrôleurs, afin de dénoncer les agressions croissantes des agents. Ce mouvement n'avait eu qu'un impact limité. 

A propos du préavis déposé pour la fin d'année, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a noté que « pour le moment un seul syndicat appelle ». « Je lui conseille de contacter le médiateur de la SNCF, c'est Nicole Notat, ancienne secrétaire nationale de la CFDT, ils seront entre eux », a-t-il ironisé. Nicole Notat s'est vue confier une mission de médiatrice pour la mise en place des nouveaux horaires à la SNCF, chargée notamment de tenter de remédier aux difficultés avec les usagers et de recueillir leurs réclamations.

L'an dernier, une douzaine de préavis de grève avaient été déposés par plusieurs syndicats lors du week-end du Nouvel an, sans grande perturbation sur le trafic. La SNCF avait à l'époque qualifié ces mouvements de « complaisance » au moment des fêtes, alors que les cheminots invoquaient un manque d'effectifs.