SNCF : Pepy ne croit pas à la grève

Publié le 05/12/2011
La SNCF a écarté hier la menace d'une grève à Noël, malgré le préavis lancé par un syndicat pour protester contre les nouvelles grilles horaires, un mouvement qui a même été violemment critiqué par d'autres fédérations de cheminots.
SNCF : Pepy ne croit pas à la grève
SNCF : Pepy ne croit pas à la grève
La SNCF a écarté hier la menace d'une grève à Noël, malgré le préavis lancé par un syndicat pour protester contre les nouvelles grilles horaires, un mouvement qui a même été violemment critiqué par d'autres fédérations de cheminots.

© Vosges Matin, Lundi le 05 Décembre 2011 / France

 

Le patron de la SNCF ne croit pas que la menace de grève d'un syndicat de conducteurs sera mise à exécution. Les Français devraient, selon lui, voyager tranquillement pour les fêtes. (Archives)

Le PDG de la compagnie publique, Guillaume Pepy, est lui-même monté au créneau pour rassurer les voyageurs. « Les trains circuleront pendant les fêtes de fin d'année, il y aura tous les trains prévus », a-t-il assuré hier, lors d'un rendez-vous Europe 1-iTELE-Le Parisien.

« Si cette grève devait avoir lieu -- ce que je ne crois pas -, les usagers considéreraient ça comme une sorte de prise d'otage et ils n'auraient pas totalement tort », a ajouté M. Pepy.

A l'initiative du conflit, la fédération CFDT-Fgaac pointe une « dégradation » des conditions de travail et « un manque de reconnaissance » avec les changements de 85 % des horaires, une révolution prévue le 11 décembre qui intègre des travaux de rénovation du réseau, mis en place pour les 15 000 trains quotidiens.

Le patron de la SNCF a répondu par la fermeté, refusant d'accéder à leur demande d'« un 13e mois avec la totalité des primes ». « Il serait sage que ce syndicat renonce à son préavis », a prévenu M. Pepy, lui demandant de « mesurer l'émoi » chez les usagers et les autres cheminots.

Le préavis couvre quatre week-ends du vendredi 12 h au lundi 8 h : les 9-12 décembre, 16-19 décembre, 23-26 décembre et celui du 30 décembre au 2 janvier.

Une réunion de conciliation entre ce syndicat et la direction est prévue en début de semaine, mais la date n'a pas été précisée.

La CFDT-Fgaac dit attendre cette rencontre « afin de tout mettre en oeuvre pour éviter une confrontation que personne ne souhaite ». Pour la CFDT-Fgaac, le temps est « à la concertation et non à toute polémique stérile, au désamorçage d'un conflit à venir ».

L'initiative de la CFDT-Fgaac, qui représente le quart des conducteurs mais seulement 11,6 % des voix aux dernières élections professionnelles, est loin d'avoir fait l'unanimité.

Dans une charge violente, la CGT cheminots déplore une méthode visant à « stigmatiser les agents de la SNCF » et « détruire l'image de l'entreprise publique ».

La CGT, première fédération au sein de la SNCF, reproche à la CFDT de ne s'être « impliquée dans aucune des actions et négociations » menées « pour améliorer le service public et les conditions de travail » dans le cadre du changement du 11 décembre.

La rivalité entre les deux fédérations ne date pas d'hier. Après une grève des cheminots en avril 2010, la CGT n'avait pas digéré les propos du secrétaire général de la CFDT François Chérèque qui avait jugé ce mouvement « inutile ».

Le syndicat de Bernard Thibault a aussi observé que Nicole Notat, ancienne numéro un de la CFDT, était médiatrice à la SNCF pour la mise en place des nouveaux horaires.

Le dirigeant de FO Jean-Claude Mailly n'a pas non plus manqué de souligner l'ironie de la situation. Notant que le préavis n'était lancé que par « un seul syndicat », il lui a conseillé de « contacter le médiateur de la SNCF ». « C'est Nicole Notat, ancienne secrétaire nationale de la CFDT, ils seront entre eux », a-t-il ironisé.

Plus grave, l'appel à la grève « arrange » la direction et le gouvernement qui « pourra promouvoir l'ouverture à la concurrence », accuse encore la CGT, persuadée que le gouvernement va riposter par « une loi pour durcir les conditions du droit de grève dans les transports ».

Toutefois, au niveau local, les syndicats CGT cheminots et SUD-Rail de Midi-Pyrénées ont déposé un préavis à partir de dimanche soir et jusqu'à mardi matin pour appuyer des revendications liées aux nouvelles grilles horaires. Seule la circulation des TER sera perturbée, selon la direction.