Social 150 à 200 hypermarchés Carrefour ont été affectés par les débrayages.

Publié le 10/04/2011
Les négociations reprennent mercredi - « Qu'est ce qu'on fait avec 5EUR de plus ? »
Social 150 à 200 hypermarchés Carrefour ont été affectés par les débrayages.
Social 150 à 200 hypermarchés Carrefour ont été affectés par les débrayages.
Les négociations reprennent mercredi - « Qu'est ce qu'on fait avec 5EUR de plus ? »

© L'Est Républicain, Dimanche le 10 Avril 2011 / France-Monde 
 
Journée noire à l'hypermarché Carrefour de Jeuxey (Vosges) où près de 90 % des salariés ont suivi le mouvement. Photos Vosges Matin 

DEUX JOURS APRÈS que Nicolas Sarkozy a annoncé dans le Puy-de-Dôme que le gouvernement préparait un dispositif qui contraindrait les entreprises à augmenter les salaires de leurs salariés lorsqu'elles augmentent les dividendes versés à leurs actionnaires, les salariés de Carrefour n'en attendaient pas autant eux qui, hier, ont manifesté avec force leur mécontentement. Magasins tout ou en partie bloqués, caisses et rayons fermés : les salariés des hypermarchés Carrefour se sont fortement mobilisés pour réclamer de meilleurs salaires, les syndicats parlant d'un mouvement « sans précédent » pour ce géant de la grande distribution. La direction pour sa part affirmait que « tous les magasins étaient ouverts et accueillaient les clients ».

FO, CFDT et CGT avaient appelé à ce mouvement dans les hypermarchés du groupe, peu habituel chez le géant de la grande distribution, exigeant de la direction qu'elle revoie à la hausse ses propositions salariales pour 2011 afin de préserver le pouvoir d'achat des 65.000 salariés. Ils l'ont maintenu malgré l'annonce in extremis, vendredi, par la direction qu'elle allait rouvrir les négociations mercredi prochain.

Néanmoins, sans être formellement fermés, un certain nombre de magasins ont vu leur fonctionnement fortement, voire complètement, entravé par les blocages des grévistes aux portes des établissements, ou aux abords. « Au moins une trentaine de magasins sont bloqués. Dans certains cas, les salariés bloquent les ronds-points d'accès aux hypermarchés », affirmait Dejan Terglav, secrétaire fédéral FGTA-FO. Par exemple, dans les Bouches-du-Rhône, les grévistes « bloquent les accès des automobiles sur les parkings, il y a peu de clients qui rentrent », a confirmé une responsable du syndicat FO du Carrefour d'Aix-en-Provence et porte-parole du syndicat pour le littoral, Dominique Beltrand. « Je peux vous dire qu'à Aix-en-Provence, le magasin est mort ».

Les grévistes avaient parfois érigé des barrages de chariots, distribuant des tracts aux piétons. Selon Dejan Terglav, en dehors des magasins totalement bloqués, d'autres établissements connaissaient des taux de grévistes allant jusqu'à 85 %. « Même là où nous sommes moins présents, il y a 30 à 50 % de grévistes », a affirmé le délégué de FO, premier syndicat chez Carrefour (environ 45 % des voix).

382 millions d'euros de bénéfices

« Certains sont ouverts, mais il n'y a qu'une caissière ! », a-t-il ajouté en indiquant que le mouvement s'annonçait « comme un succès sans précédent ». « C'est un mouvement qui s'annonce assez mémorable. Il est largement suivi », a renchéri Franck Gaulin. « J'espère que la direction entendra ».

La direction de Carrefour a annoncé vendredi qu'elle allait rouvrir les négociations sur les salaires, proposant aux partenaires sociaux de se retrouver à la table des négociations dès mercredi. L'enseigne avait annoncé en mars des bénéfices en hausse de 11 % en 2010 (382 millions d'euros), malgré des charges importantes dues notamment à la réorganisation du groupe au Brésil. Néanmoins, la direction ne proposait qu'une augmentation des salaires de 1 % en mars et de 1 % en octobre, assortie d'une remise de 10 % (au lieu de 7 %) sur les achats dans les magasins de l'enseigne et d'une participation aux frais d'entretien des tenues de travail de 6 EUR par trimestre, jugeant que cela ne suffit pas à compenser l'inflation et la perte de pouvoir d'achat des dernières années. « Il faut savoir que les 3/4 de nos caissières vont faire leurs courses dans des hard-discount », expliquait hier une responsable FO du Var, Chantal Puig.