Social Woerth toujours chargé des retraites, un souci pour les syndicats

Publié le 04/09/2010
« Un vrai problème ». PRESQUE silencieux jusqu'ici, les syndicats s'inquiètent désormais ouvertement de voir le dossier retraites aux mains d'Eric Woerth, au coeur d'une polémique qui aboutit à « masquer le débat de fond » et les priver d'un interlocuteur concentré sur le seul sujet qui compte pour eux.
Social Woerth toujours chargé des retraites, un souci pour les syndicats
Social Woerth toujours chargé des retraites, un souci pour les syndicats
« Un vrai problème ». PRESQUE silencieux jusqu'ici, les syndicats s'inquiètent désormais ouvertement de voir le dossier retraites aux mains d'Eric Woerth, au coeur d'une polémique qui aboutit à « masquer le débat de fond » et les priver d'un interlocuteur concentré sur le seul sujet qui compte pour eux.

© L'Est Républicain, Samedi le 04 Septembre 2010 / France-Monde / PARIS

 
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT : « On n'aborde plus du tout le fond du dossier ». Photopqr/Ouest France/C. STEFAN 

A quatre jours de l'examen du projet de réforme à l'Assemblée nationale, la position du ministre du Travail s'est encore détériorée après qu'il a reconnu être intervenu pour l'attribution de la Légion d'honneur au gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, ce qu'il avait nié jusqu'ici.Une brèche s'est ouverte

La polarisation médiatique autour du rôle exact d'Eric Woerth dans l'un des volets de l'affaire Bettencourt et de son sort dans le gouvernement Fillon ont conduit le secrétaire général de la CFDT François Chérèque à sortir de son silence.

Alors que les syndicats répétaient en choeur « on ne choisit pas nos interlocuteurs », le leader cédétiste a lâché hier, en présence de son homologue de la CGT Bernard Thibault, que le cas Woerth était désormais « un vrai problème » pour eux.

« Comment peut-il gérer en même temps ses problèmes personnels avec l'affaire Bettencourt et la réforme des retraites ? », s'est-il interrogé. Conséquence principale, selon François Chérèque : « On n'aborde plus du tout le fond du dossier ».

Pour le dirigeant FO Jean-Claude Mailly, « c'est un problème sans l'être » car « nous avons maintes fois, les uns et les autres, expliqué le contenu de cette réforme ».

Porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé a allumé hier un contre-feu en accusant les syndicats d'avoir « rejoint les partis politiques » dans la vindicte anti-Woerth.

Une brèche s'est en tout cas ouverte dans la digue élevée autour du soldat Woerth. Des fissures étaient déjà apparues la semaine dernière lorsque Bernard Thibault avait regretté que le débat sur les retraites soit « pollué » par la « situation fragile » du ministre. Cela « complique » la tâche des syndicats, car la majorité va en profiter pour « ne pas entendre ce que nous avons à dire sur les retraites ».