Société aéronautique surveillée de près

Publié le 12/04/2011
Après l'automobile, l'aéronautique se trouve au coeur d'une potentielle affaire d'espionnage, dont aurait été victime Turbomeca, le premier constructeur au monde de turbines d'hélicoptères, illustrant la lutte ancienne dans ce secteur lucratif et stratégique.
Société aéronautique surveillée de près
Société aéronautique surveillée de près
Après l'automobile, l'aéronautique se trouve au coeur d'une potentielle affaire d'espionnage, dont aurait été victime Turbomeca, le premier constructeur au monde de turbines d'hélicoptères, illustrant la lutte ancienne dans ce secteur lucratif et stratégique.

Le Républicain Lorrain, Mardi le 12 Avril 2011 / IG /

 

Une enquête judiciaire est en cours au tribunal de Nanterre sur des soupçons d'espionnage industriel au préjudice de cette filiale de Safran, groupe présent dans l'aéronautique et la défense, dont l'Etat est actionnaire à 30 %. Cette information a été ouverte à l'automne et l'enquête a été confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Selon le quotidien, les systèmes informatiques de Turbomeca auraient été la cible de cyberattaques de janvier à septembre 2010 et les enquêteurs ont procédé à une dizaine de placements en garde à vue dans le cadre de cette enquête, dont des salariés de l'entreprise. L'espionnage dans l'aéronautique est un phénomène « très ancien », souligne le député (UMP) Bernard Carayon, un spécialiste de l'intelligence économique.

Certains pays, en particulier la Chine, vers laquelle s'orienterait l'enquête, ont aujourd'hui l'ambition affichée de bâtir une industrie aéronautique solide et de rattraper leur retard dans ce domaine sur l'Europe et les Etats-Unis.

« Certains Etats ont développé des armées de hackers, la Chine notamment mais pas seulement », remarque Bernard Carayon. « A Turbomeca, on travaille avec les Chinois depuis les années 80 », rappelle Claude Salles, délégué syndical CFDT au comité central d'entreprise, qui dit n'avoir jamais entendu parler de cette affaire. Les espions auraient visé les laboratoires de recherche de l'entreprise, basée dans les Pyrénées.