Sodimatex : trêve avant négociations

Publié le 04/04/2010
Les salariés de Sodimatex, qui menaçaient de faire exploser leur usine, ont accepté une trêve. Les négociations doivent reprendre mercredi.
Sodimatex : trêve avant négociations
Sodimatex : trêve avant négociations
Les salariés de Sodimatex, qui menaçaient de faire exploser leur usine, ont accepté une trêve. Les négociations doivent reprendre mercredi.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 04 Avril 2010 / IG /


Malgré la trêve pascale, les salariés de Sodimatex sont sur le qui-vive. « Ça peut redémarrer en un claquement de doigts », prévient un syndicaliste. Photo AFP

Après avoir menacé pendant deux jours de faire exploser leur usine vouée à la fermeture, les salariés de l'équipementier automobile Sodimatex ont accepté une trêve hier, satisfaits d'avoir obtenu des garanties pour des négociations « loyales » sur leurs indemnités de départ. Vendredi matin, les salariés de l'usine avaient disposé des cocktails molotov autour d'une citerne de près de cinq mètres de long, dont le gaz sert à approvisionner les chariots élévateurs. Ils s'étaient retranchés dans l'usine jeudi, après une intervention des forces de l'ordre qui avaient dispersé une manifestation aux abords du site. Le maire de Crépy Arnaud Foubert (UMP) a craint « l'irréparable » vendredi, lorsque les salariés ont quitté furieux la table des négociations, avant d'y revenir vers 22h, puis de conclure un accord vers 3h du matin. Pour le maire, le préfet de l'Oise a réussi à défaire un véritable « noeud gordien », en garantissant que les accords seraient suivis par l'Etat.

L'accord de méthode signé, sous l'égide du préfet de l'Oise, Nicolas Desforges, fixe à mercredi le début des négociations sur le fond. Celles-ci porteront notamment sur les conditions de départ des 92 salariés du site, qui produit des moquettes pour automobiles et dont la fermeture est programmée depuis un an par son propriétaire, le groupe Trèves. Les salariés réclament notamment une prime extra-légale de licenciement de 21 000 euros, semblable à ce celle touchée par leurs collègues d'une autre usine fermée en 2006. Deux commissaires aux comptes, un désigné par la direction et l'autre par le comité d'entreprise, doivent éplucher les comptes du groupe et se prononcer sur les demandes des salariés en matière d'indemnités de départ.

« Le feu couvre toujours »

Les salariés ont quitté provisoirement et fermer l'usine pour passer ce week-end, alors que les forces de l'ordre, présentes en nombre jeudi et vendredi, avaient déjà quitté les abords du site, que la gendarmerie doit « sécuriser » avant que les salariés n'y reviennent mardi matin.
« Le feu couve toujours »
, a toutefois prévenu Gérard Decleir (FO), qui estime cependant que l'accord « laisse une marge de négociations beaucoup plus importante ». « On est moins tendus », concédait hier à midi Eric Lemoine (CFDT), membre de l'intersyndicale, avant de prévenir que « ça peut redémarrer en un claquement de doigts »