Sommet social : jongler entre relance et austérité

Publié le 10/05/2010
En mai 2009, le ministre de la Relance Patrick Devedjian venait se rendre compte de l'avancée des travaux « boostés » par l'Etat dans le Thionvillois. Avec la crise grecque, 2010 sera plutôt axée sur le « gel des dépenses ».
Sommet social : jongler entre relance et austérité
Sommet social : jongler entre relance et austérité
En mai 2009, le ministre de la Relance Patrick Devedjian venait se rendre compte de l'avancée des travaux « boostés » par l'Etat dans le Thionvillois. Avec la crise grecque, 2010 sera plutôt axée sur le « gel des dépenses ».

© Le Républicain Lorrain, Lundi le 10 Mai 2010 / IG /

 

Les mesures de soutien à l'emploi et aux ménages modestes mises en place l'an dernier vont être étudiées aujourd'hui par les partenaires sociaux. Il s'agit de jauger leur efficacité, dans un contexte de tour de vis.

François Fillon l'a annoncé la semaine dernière : les dépenses sociales seront « réexaminées ». Pour les organisations syndicales, qui sont convoquées à l'Elysée aujourd'hui pour le deuxième sommet social de 2010, ce « plan de rigueur pendant trois ans » pourrait bien sonner le glas de mesures prises l'an dernier en pleine crise. Le patronat, convoqué lui aussi, compte défendre les mesures, comme le « Zéro charge » incitant à l'embauche les petites entreprises.

Effectivement, cette rencontre, qui ne portera pas sur les retraites, devrait déboucher sur la prolongation d'aides aux entreprises pour le soutien de l'emploi, décidées en février 2009. En revanche, les syndicats sont pessimistes sur la reconduction des aides aux ménages modestes et aux salariés précaires. Ce qui pourrait alors pousser à la mobilisation en vue de la journée « de grèves et de manifestations » le 27 mai, à laquelle appellent CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa. FO a appelé séparément à « une grève interprofessionnelle » le 15 juin, uniquement sur les retraites, tout en estimant hier, par la voix de Jean-Claude Mailly, que la priorité est à la « relance de l'économie » et à « une grande réforme fiscale ». Selon le secrétaire général FO, « l'exemption des deux tiers d'impôt sur le revenu pour les ménages modestes » risque de ne pas être reconduite.

Car le programme de François Fillon prévoit que les dépenses de l'Etat soient « gelées en valeur » pour les trois ans à venir et que, entre autres, les aides sociales et à l'emploi soient soumises à « un réexamen ». Les syndicats « condamnent » l'idée, au motif que le redémarrage de l'économie n'est pas assuré. Selon Pôle emploi, il faudra attendre 2011 pour voir diminuer le chômage.

En outre, le « plan rebond » pour les chômeurs en fin de droits (formations, allocation exceptionnelle), doté de 705 MEUR apportés par l'Etat et l'assurance chômage, n'est pas encore opérationnel.

Les syndicats insisteront aussi lourdement sur le renforcement nécessaire des moyens de Pôle emploi, où trop d'inscrits sont livrés à eux-mêmes, d'après eux.

Bénéfices et heures sup'

Le gouvernement, lui, reviendra peut-être sur l'engagement pris par Nicolas Sarkozy lors du précédent sommet social, le 15 février, sur le partage de la valeur ajoutée. Si syndicats et patronat n'entamaient pas des négociations à ce sujet, « le gouvernement préparerait un projet de loi », avait menacé le chef de l'Etat. Il souhaiterait alors que les bénéfices des entreprises puissent être partagés en trois tiers revenant respectivement à l'investissement, aux actionnaires et aux salariés.

Quant au Medef, « le Zéro charge a produit des résultats incontestables, cela fait partie des mesures à reconduire ». La CFTC s'attend plutôt à une prolongation des aides aux employeurs recrutant un apprenti.

L'ensemble des syndicats continue également de demander la remise en cause de la loi favorisant les heures supplémentaires. « On a un nombre important d'entreprises qui ont fait un plan social et qui aujourd'hui utilisent les heures supplémentaires, c'est scandaleux », s'insurge François Chérèque (CFDT).