Sommet social ou antisocial ?

Publié le 18/01/2012
Économie : dossiers sensibles pour syndicats et patronat réunis aujourd'hui autour du chef de l'État
Sommet social ou antisocial ?
Sommet social ou antisocial ?
Économie : dossiers sensibles pour syndicats et patronat réunis aujourd'hui autour du chef de l'État

© L'Est Républicain, Mercredi le 18 Janvier 2012 / France-Monde

 

Photo AFP

ENTRE NICOLAS SARKOZY et les syndicats, réunis aujourd'hui à l'Élysée pour le « sommet social », le climat s'annonce frais. Sur fond de perte du triple A (Standards and Poor's) et dans l'attente des annonces précises du chef de l'État le 29 janvier, les grands dossiers de ce sommet -le... « 72 e du genre » raillent les blogueurs- s'orientent donc vers toute la gamme des postures possibles.

Chômage partiel, formation : le consensus

Faciliter le recours au chômage partiel en raccourcissant les délais administratifs pour éviter les licenciements : c'est d'évidence le point qui devrait sur le fond remporter l'adhésion des parties. La CFDT rappelle que lorsque la crise de 2008 a éclaté, l'Allemagne, qui constitue décidément l'incontournable référence de comparaison, a débloqué six fois plus de fonds pour le chômage partiel que la France. Gouvernement et patronat semblent, par ailleurs, acquis à l'idée d'une possibilité de formation couverte à 100 % pour les salariés concernés.

Contrats aidés, TVA sociale : ça frotte...

Avant l'élection présidentielle, les mannes des contrats aidés risquent de s'ouvrir. Tout en permettant de contenir les chiffres du chômage, ils garantissent à leurs bénéficiaires un maintien minimal d'activité et de revenus, ce qui n'est pas rien quand pointe une échéance électorale. 225.000 contrats de ce type devraient être signés d'ici juin, sur un total de 390.000 à l'année. « Ces contrats doivent être dopés par l'État, alors qu'ils servent surtout pour la gestion statistique du chômage », dénonce François Chérèque. Mais le courroux syndical franchit un cap avec la TVA sociale. Baisser les charges des entreprises, augmenter le taux de TVA : le raisonnement est clair. Il se traduira par une diminution de charges pour les premières, une hausse des prix pour les consommateurs. FO et CGT sont vent debout. Bernard Thibaut parle même déjà d'un sommet « antisocial ». Jean-Claude Mailly promet d'envoyer « bouler » ceux qui le défendent.

Compétitivité, emploi : les sujets qui fâchent

Négocier l'absence de licenciement contre une baisse de la durée de travail ou une réduction de salaire : voilà les points de désaccord frontaux contenus dans le « pacte compétitivité emploi » soutenu par Nicolas Sarkozy. Habilement, revient sur le tapis la question des 35 heures en toile de fond d'arguments anti-PS pour la présidentielle. Mais le dossier est sensible tant les Français y sont attachés. Les syndicats, en outre, réclament que l'État cesse de couvrir le coût de l'exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires, encore accordée aux entreprises. La CGT a appelé à manifester demain en début d'après-midi.

Antoine PETRY