Sommet sur fond de crise

Publié le 10/05/2010
Le Premier ministre veut revoir les dépenses sociales. Les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille.
Sommet sur fond de crise
Sommet sur fond de crise
Le Premier ministre veut revoir les dépenses sociales. Les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille.

L'Est Républicain, Lundi le 10 Mai 2010 / Ouverture France-Monde

 

Patronat et syndicats se retrouvent autour d'une table aujourd'hui à l'Elysée.

Le climat du sommet qui se tient ce lundi pour faire le point des mesures anti-crise s'annonce sombre après la décision de François Fillon de « réexaminer » les dépenses sociales, perçue comme « un plan de rigueur pendant trois ans » par les organisations syndicales. Cette rencontre, qui ne portera pas sur les retraites, devrait déboucher sur la prolongation d'aides aux entreprises pour le soutien de l'emploi, arrêtées en février 2009. En revanche, les syndicats sont pessimistes sur la reconduction des aides aux ménages modestes et aux salariés précaires.

Les principaux syndicats réclament « une relance économique intégrant la satisfaction des besoins sociaux »

La réunion survient alors que les syndicats, en partie désunis, fourbissent leurs armes en vue de la révision, sans doute à la baisse, des régimes de pensions. Cinq d'entre eux (CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa) ont annoncé une journée « de grèves et de manifestations » le 27 mai qui portera, outre les retraites, sur l'emploi et les salaires. FO a appelé séparément à « une grève interprofessionnelle » le 15 juin, uniquement sur les retraites. Tout le contraire du programme de François Fillon. Sur fond de crise financière en Europe, le Premier ministre a affirmé que, pour réduire les déficits, les dépenses de l'Etat seraient « gelées en valeur » pour les trois ans à venir et que, entre autres, les aides sociales et à l'emploi seraient soumises à « un réexamen ».

Malgré la montée en puissance des contrats aidés et la stabilisation, au moins momentanée, du chômage, la situation de l'emploi demeure alarmante. Selon Pôle emploi, il faudra attendre 2011 pour voir diminuer le chômage. Encore ne ferait-il que revenir fin 2011 au niveau de fin 2009.

Les syndicats insisteront lourdement sur le renforcement nécessaire des moyens de Pôle emploi, où trop d'inscrits sont livrés à eux-mêmes, disent-ils. Selon Gabrielle Simon (CFTC), le gouvernement veut prolonger le dispositif « zéro charges » pour les très petites entreprises et favoriser le maintien des seniors en entreprise en développant le tutorat. Selon le Medef, « le zéro charges a produit des résultats incontestables, cela fait partie des mesures à reconduire ». La CFTC s'attend plutôt à une prolongation des aides aux employeurs recrutant un apprenti, « au moins pour passer le cap de la rentrée scolaire ». Mais la réduction d'impôts dont ont bénéficié plus de trois millions de foyers modestes en 2009 pourrait faire les frais de la rigueur.

Hier soir, l'Elysée a distribué aux partenaires sociaux un « document d'étape » qui dress un bilan élogieux des mesures prises par le gouvernement face à la crise.