Stratégie

Publié le 03/04/2012
Au cas où Nicolas Sarkozy l'emporterait le 6 mai prochain, le poste de ministre du Travail ne sera pas de tout repos. Non content de faire siffler la CGT dans ses meetings, d'apostropher son secrétaire général qui a appelé, il est vrai, à voter contre lui, Nicolas Sarkozy vient d'accrocher la CFDT à son tableau de chasse aux « corps intermédiaires ».
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Stratégie
Au cas où Nicolas Sarkozy l'emporterait le 6 mai prochain, le poste de ministre du Travail ne sera pas de tout repos. Non content de faire siffler la CGT dans ses meetings, d'apostropher son secrétaire général qui a appelé, il est vrai, à voter contre lui, Nicolas Sarkozy vient d'accrocher la CFDT à son tableau de chasse aux « corps intermédiaires ».

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 03 Avril 2012 / IG /

 

 

 

Le reproche adressé à ses militants d'avoir voulu « saccager » sa permanence de campagne et de « trahir » les salariés, laisse néanmoins perplexe. Outre qu'aucune violence n'a été commise, il n'est pas si surprenant que des syndicalistes utilisent une campagne électorale pour embarrasser un candidat supposé pouvoir faire avancer leurs revendications. C'est vieux comme la politique. Lionel Jospin, candidat en 2002, garde un souvenir cuisant de sa visite sur le site de l'usine LU menacée de fermeture. Que les syndicats prennent de bonnes ou mauvaises initiatives, il y a les élections professionnelles pour en juger.

Au demeurant, l'attaque visant la CFDT peut d'autant plus étonner que cette confédération s'était montrée a priori moins fermée que la CGT aux « accords de compétitivité » qu'il a prônés récemment, pour adapter le temps de travail et les rémunérations dans les entreprises en difficulté.

Mais de telles considérations semblent moins peser que la volonté de Nicolas Sarkozy de passer par-dessus les syndicats pour résoudre les problèmes sociaux. L'arme du référendum brandie pour réformer la formation, selon des modalités mal connue, n'est peut-être pas étrangère au rôle que jouent les syndicats dans ce secteur depuis la loi de 1971. Le président-candidat s'est d'autre part servi de conflits comme ceux de Lejaby ou Photowatt pour montrer que lui au moins ne laissait pas « tomber » les salariés. Une leçon de volontarisme qui trouve cependant ses limites dans le fait qu'il est moins facile de faire investir des patrons amis dans les hauts fourneaux, que dans les panneaux solaires ou la maroquinerie.

Une telle stratégie ne fait pas l'unanimité à droite, mais les optimistes pensent qu'une fois l'élection gagnée, Nicolas Sarkozy reviendra aux pratiques plus « concertées » du début du quinquennat. Les pessimistes se recrutent dans les syndicats où l'on craint que Nicolas Sarkozy réélu fasse passer des mesures radicales sur la flexibilité en jouant l'appel au peuple, dans un climat dramatisé de crise économique et financière.

Jean-Michel HELVIG.