Test d'évaluation en CM2 : un outil encore contesté

Publié le 18/01/2010
Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, quelque 790 000 élèves de CM2 sont évalués en mathématiques et français. Ce test, permettant de faire le point sur les acquis, suscite des réticences chez les syndicats.
Test d'évaluation en CM2 : un outil encore contesté
Test d'évaluation en CM2 : un outil encore contesté
Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, quelque 790 000 élèves de CM2 sont évalués en mathématiques et français. Ce test, permettant de faire le point sur les acquis, suscite des réticences chez les syndicats.

Le Républicain Lorrain, Lundi le 18 Janvier 2010 / IG
 

 
L'an dernier, la polémique avait déjà été importante pour ces évaluations en CM2. Les prochains tests concerneront les élèves de CE1 du 17 au 21 mai. Photo Thierry NICOLAS
A partir de ce matin, les élèves de CM2 passent une étape importante dans leur cursus : les tests d'évaluation en français et mathématiques. « L'objectif est de donner un instrument aux enseignants pour percevoir les lacunes de leurs élèves afin d'adapter le dispositif d'accompagnement personnalisé » (soutien en petits groupes), indique-t-on au ministère de l'Education nationale.

Au cours de la semaine, les élèves vont passer ces tests selon un planning choisi par leur maître. Les compétences testées en français sont la lecture, l'écriture, la compréhension, le vocabulaire, l'orthographe, la grammaire. On leur demandera de repérer dans un texte des informations explicites, d'utiliser le contexte pour comprendre un mot, d'orthographier sous la dictée un texte simple. En mathématiques, il s'agit de la numération, du calcul, de la géométrie, grandeurs et mesures, organisation et gestion des données. Ils devront écrire et nommer les nombres entiers, décimaux et les fractions, calculer mentalement, de résoudre des problèmes relevant des quatre opérations.

Les enseignants transmettront les résultats aux parents, qui sauront où se situe leur enfant.

Le gouvernement se donne comme objectif de diviser par trois la proportion d'élèves ne maîtrisant pas les fondamentaux à la fin du primaire. Ces tests serviront aussi d'« outil de pilotage » au niveau des établissements, des départements, des académies et au niveau national.

Notation

Cette publication des résultats engendre de nombreuses réticences chez trois syndicats d'enseignants du primaire (SNUipp-FSU, SE-Unsa et Sgen-CFDT). Ils ont rappelé « qu'ils refusent toute publication école par école des résultats qui introduirait une logique de concurrence inacceptable au regard des objectifs de l'école publique ». L'an dernier le ministère n'avait pas publié de données permettant de comparer les établissements entre eux. Les syndicats reprochaient également aux tests, qui ont lieu en début du deuxième trimestre, d'évaluer parfois des notions qui n'auraient pas encore été vues en classe.

Ce n'est pas la seule source de défiance des syndicats d'enseignants.

Selon Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU, la notation reste trop simplificatrice. Elle ne permet pas toujours d'évaluer ce qui est « partiellement acquis ». « S'il y a une série de dix opérations, la notion est considérée comme acquise s'il y a une faute ou aucune, et non acquise si l'élève a fait plus de deux fautes, qu'il en ait fait deux ou dix ». D'après lui, des sondages effectués sur un échantillon représentatif permettraient d'aboutir au même résultat.

Mais les syndicats n'appellent pas les enseignants à boycotter l'évaluation. L'an dernier, le ministère n'avait reçu que quelque 70 % des résultats d'évaluation, parce que les enseignants n'avaient pas transmis les résultats ou les avaient transmis de façon anonyme, indique le syndicaliste. Une très petite minorité d'enseignants, qui se sont baptisés « désobeisseurs », avait même refusé de les faire passer.