TPE : ça grince à l'UMP

Publié le 09/07/2010
Dialogue social soutenu par le PS, l'amendement du gouvernement sur la vie syndicale dans les entreprises de moins de 11 salariés a été rejeté par la majorité. Un vote anti-Woerth, estime la gauche.
TPE : ça grince à l'UMP
TPE : ça grince à l'UMP
Dialogue social soutenu par le PS, l'amendement du gouvernement sur la vie syndicale dans les entreprises de moins de 11 salariés a été rejeté par la majorité. Un vote anti-Woerth, estime la gauche.

 BONJOUR LE DIALOGUE social UMP-Gouvernement ! Fait quasi exceptionnel depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, le gouvernement a été mis en minorité dans la nuit de mercredi à jeudi à l'Assemblée Nationale, sur le vote d'un amendement relatif au projet de loi sur le dialogue social dans les petites entreprises (TPE) de moins de onze salariés.

Contre l'avis du ministre du Travail Éric Woerth, la majorité UMP, emmenée par son patron Jean-François Copé - qui avait annoncé sa position depuis plusieurs semaines - a maintenu sa fronde jusqu'au bout, parvenant à ses fins, quitte à créer un front de division au sein des rangs de la majorité. L'objectif de ce projet vise, à travers la création de commissions paritaires régionales, à réformer la représentativité syndicale dont étaient exclues jusqu'alors les entreprises de moins de onze salariés. Si les grandes sociétés offrent souvent un cadre syndical pour le soutien et la défense des personnels, il n'en est rien au sein des TPE. Ubuesque : à la majorité UMP hostile au texte du gouvernement a répondu le vote favorable d'une partie de la gauche à la proposition. Résultat insuffisant à l'arrivée : 70 voix contre, 25 pour. « Vision rétrograde du dialogue social « a commenté la CFDT. « CGPME et Medef peuvent sabler le champagne» a embrayé la CGT.

Parlant d'une « désolidarisation « à travers une « mise en minorité du Ministre du travail », le PS n'a pas manqué de souffler sur les braises des différences, exploitant la tournure politique de l'épisode.

« Une mise en minorité »

« Si ce n'est pas la démonstration qu'il est affaibli par l'affaire (Bettencourt), je ne sais pas ce qu'il fallait « a commenté Benoît Hamon. Les élus UMP, pour leur part, ont justifié leur choix par l'excès de « contraintes « d'un tel amendement pour les TPE. Reste qu'à travers une nouvelle mouture aux allures de compromis entre Assemblée et Sénat, le gouvernement pourrait choisir de représenter son projet de loi, aujourd'hui amputé de son « article 6 « à travers la commission mixte paritaire. « Ce serait une très mauvaise manière « a prévenu Jean-François Copé. Temps difficile pour le gouvernement, la réforme des collectivités territoriales a en outre vu retirer quelques heures plus tard deux éléments majeurs du projet lors de son passage devant le Sénat. Elles concernent la répartition des compétences des communes, départements et régions d'une part ; le mode de scrutin d'autre part.

Antoine PETRY