Trains : les autres chiffres des retards

Publié le 20/02/2011
Seulement un train sur trois arrive à l'heure aux heures de pointe, selon un relevé effectué sur certaines lignes par les cheminots de la CFDT.
Trains : les autres chiffres des retards
Trains : les autres chiffres des retards
Seulement un train sur trois arrive à l'heure aux heures de pointe, selon un relevé effectué sur certaines lignes par les cheminots de la CFDT.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 20 Février 2011 / IG
 
La SNCF reconnaît un recul de 0,5 à 0,7 point de la régularité des trains. Photo Anthony PICORE 

Alors que la SNCF a avancé des chiffres de régularité allant jusqu'à 90 % (de 88,7 à 91,6 % selon les types de train), la CFDT a réalisé sa propre enquête. Une centaine de cheminots ont relevé, du 24 janvier au 17 février, la régularité d'une vingtaine de lignes sur l'ensemble du territoire.

Selon cette étude, 69 % des trains relevés ont enregistré un retard inférieur ou égal à cinq minutes et 31 % un retard de plus de cinq minutes. Les petits retards (cinq minutes maximum) affectent 62,80 % des Transiliens, 74,84 % des TER, et 68,97 % des TGV.

« Ils ont choisi les trains les plus difficiles, aux heures les plus difficiles, sur les lignes les plus difficiles », a répliqué Jacques Damas, directeur général de la qualité et des services de la SNCF, qui reconnaît néanmoins un recul de 0,5 à 0,7 point de la régularité des trains en 2010 par rapport à 2009.

« Manque de souplesse »

Près du tiers des retards (30,65 %) sont imputables à l'entreprise, selon la CFDT : l'étude évoque comme facteurs internes des problèmes sur la rame ou la locomotive, la mise en place tardive des rames ou une absence de personnel.

Parmi les causes externes des retards, les cheminots pointent l'engorgement des voies et des gares en cul-de-sac, la réalisation de travaux, les problèmes de signalisation ou, à moindre titre, les actes de malveillance comme les vols de câble, les phénomènes climatiques et les suicides.

Damas évoque trois causes principales pour ces retards : « Une crise de croissance, un doublement des travaux réalisés et des actes de malveillance (vols de câble) multiplié par 2,6 ». « Nous avons lancé un plan d'urgence pour améliorer la régularité des 12 lignes sensibles et nous commençons à avoir quelques résultats : +6 points sur la ligne Paris-Chartres-Le Mans en janvier », a-t-il confié.

L'autre enseignement de cette étude est que près d'un train sur deux (47,10 %) n'assure pas la qualité de service prévue à l'origine, dont un quart en raison d'un manque de voitures par rapport aux prévisions. Du coup, plus d'un voyageur sur quatre (27,14 %) a réalisé son trajet debout et 10 % ont raté leur correspondance.

La CFDT recommande « plus de souplesse » dans l'organisation de l'entreprise en revenant à une certaine polyvalence des agents de conduite. Le syndicat réclame aussi une remise en état du réseau ferré, la sécurisation des installations et la création d'infrastructures afin d'éviter la saturation du trafic.