Transmanche - Seafrance pourrait couler

Publié le 06/04/2010
Le bras de fer s'est poursuivi hier à la compagnie de ferries SeaFrance, les salariés maintenant jusqu'à ce mardi au moins une grève entamée vendredi contre des mesures du plan de redressement et le manque d'effectifs.
Transmanche - Seafrance pourrait couler
Transmanche - Seafrance pourrait couler
Le bras de fer s'est poursuivi hier à la compagnie de ferries SeaFrance, les salariés maintenant jusqu'à ce mardi au moins une grève entamée vendredi contre des mesures du plan de redressement et le manque d'effectifs.

Mardi 06 Avril 2010, © L'Est Républicain / FRANCE MONDE

Les ferries de Seafrance sont à quai depuis vendredi.


« La grève est maintenue, sauf s'il y a des négociations et qu'on nous rend ce qu'on nous a volé », a annoncé Didier Cappelle, secrétaire de la CFDT maritime, faisant allusion à 60 à 100 euros de prime.. La direction de cette filiale de la SNCF, confrontée à une chute du marché du fret, affirme pour sa part que ce mouvement, « qui va coûter 1,25 million d'euros à SeaFrance pour ce week-end pascal, pourrait entraîner la disparition de la compagnie et de tous ses emplois ». De l'« intox », selon Didier Cappelle, qui assure que SeaFrance ne mettra pas la clé sous la porte.
Depuis vendredi, les trois navires passagers - le Rodin, le Molière et le Berlioz - sont immobilisés à Calais par les salariés. Ils protestent aussi contre le manque de personnel sur chaque bateau, notamment pour les traversées de nuit, à la suite de nouvelles affectations en vigueur depuis le 1er février dans le cadre du plan de redressement.

Endettement et pertes

Le manque à gagner « s'ajoute aux 5 millions d'euros que perd chaque mois la compagnie actuellement », affirme la direction. La compagnie, endettée à hauteur de 185 millions d'euros, a perdu 36. millions d'euros en 2009 et déjà 13 millions sur les premiers mois de 2010, selon le directeur général adjoint de SeaFrance, Jean-Claude Dechappe, qui déplore également l'impact de ce mouvement sur l'image de SeaFrance. La compagnie, qui devait embarquer 58.000 personnes, n'a pu assurer que 4.000 départs pour ce week-end, traditionnellement l'un des plus chargés de l'année.
Une centaine de voitures étaient en attente de transfert hier peu avant 15 h vers la concurrence : la compagnie de ferries britannique P&O ou Eurotunnel, selon une opératrice du numéro vert mis en place par SeaFrance (0800.77.54.40). Un phénomène qui devait encore s'accentuer dans les heures suivantes. La direction affirme que les grévistes sont minoritaires et ne représentent que 10% des effectifs, ce que réfute la CFDT, qui a indiqué que 400 salariés avaient voté le maintien du mouvement en assemblée générale. « Je ne comprends pas la position de la CFDT Maritime Nord qui rejette aujourd'hui le plan de redressement qu'elle avait signé depuis moins de trois mois », s'interroge la direction.
Après des mois de conflit, la CFDT avait accepté à contrecœur de signer le plan de redressement de la compagnie, négocié par un médiateur et qui prévoit 482 suppressions de postes sur 1.580. Le syndicat avait alors expliqué que, même s'il trouvait cet accord mauvais, il souhaitait respecter le vote des salariés qui s'étaient déclarés favorables au projet à une très courte majorité (562 voix contre 560). Les marins de SeaFrance doivent se réunir en assemblée générale aujourd'hui pour décider s'ils reconduisent le mouvement. La compagnie assure en temps normal entre 16 et 19 départs quotidiens entre Calais et le port anglais de Douvres.