Travail : des accords sur le stress encore peu nombreux

Publié le 04/12/2010
Les grosses entreprises ont commencé à mettre en place des accords sur les risques psychosociaux au travail (stress, dépression, violences), mais ils sont encore peu nombreux, et leur contenu laisse parfois à désirer aux yeux des syndicats.
Travail : des accords sur le stress encore peu nombreux
Travail : des accords sur le stress encore peu nombreux
Les grosses entreprises ont commencé à mettre en place des accords sur les risques psychosociaux au travail (stress, dépression, violences), mais ils sont encore peu nombreux, et leur contenu laisse parfois à désirer aux yeux des syndicats.

© Vosges Matin, Samedi le 04 Décembre 2010 / France / PARIS
 
230 accords ont été conclus pour l'instant. (Photo : PQR) 

Plusieurs grandes entreprises, comme la RATP, Arkema, France Télécom, EADS, ont déjà suivi la consigne de l'ex-ministre du travail, Xavier Darcos, qui, en octobre 2009, a demandé aux 1 300 entreprises de plus de 1 000 salariés d'entamer des négociations sur le stress, après une série de suicides à France Télécom-Orange.

Quelque 230 accords sur le stress ont déjà été signés entre employeurs et syndicats, a annoncé la Direction générale du Travail (DGT), lors des premières rencontres parlementaires sur la santé au travail cette semaine à Paris.

Question de temps

D'autres employeurs ont par ailleurs fait le choix de « plans d'action concertés », décidés sans accord, mais « dans une démarche étroite de collaboration avec le CHSCT (NDLR : Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail), les organisations syndicales ou le médecin du travail », a précisé Hervé Lanouzière, de la DGT. Deux cents plans d'actions concertés sont recensés à ce jour.

Même si les chiffres semblent peu élevés, Hervé Lanouzière rappelle que discuter des risques psychosociaux prend du temps : « Ce qui aurait été un échec, c'est d'avoir déjà 1 300 accords signés. Nous aurions beaucoup de doutes sur leur valeur ». Selon lui, deux tiers des accords ne sont pour l'instant que des accords de méthode, signe que les entreprises ne se lancent pas dans la négociation à la légère. Ils prévoient par exemple de former les membres des CHSCT à la question des risques psychosociaux, de recourir à un cabinet de consultants, d'élaborer un diagnostic partagé à partir d'un questionnaire.

Sur le fonds des accords, les syndicats se montrent dubitatifs, à l'instar de Jocelyne Chabert (CGT) : « On a vite une impression de déjà-vu et de déjà lu ».

Même avis de Bernard Salengro (CFE-CGC) : « Il y a quelques accords intéressants, mais grosso modo, on a l'impression d'un copié-collé. On voit apparaître une instance organisée par l'employeur, avec des salariés choisis par l'employeur, sans statut et sans protection, qui vont réfléchir ensemble sur les risques psychosociaux. C'est l'antithèse de ce qu'on voudrait ».

Les accords comportent « énormément de mesures individuelles pour les salariés en difficulté. Mais ça reste relativement timide et fragile en terme d'engagement des entreprises sur l'organisation du travail », précise Henri Forrest (CFDT).

Son syndicat n'incite pas à signer ce type de texte, mais plutôt « ceux qui prévoient la création d'espace de parole pour les salariés et de marges de manoeuvre pour les managers ».