Un répit pour les retraites

Publié le 16/02/2010
Le « sommet social » de l'Elysée a accouché d'une souris. Nicolas Sarkozy a annoncé un bilan du Conseil d'orientation des retraites en avril et un projet de loi pour début septembre. Autant dire rien.
Un répit pour les retraites
Un répit pour les retraites
Le « sommet social » de l'Elysée a accouché d'une souris. Nicolas Sarkozy a annoncé un bilan du Conseil d'orientation des retraites en avril et un projet de loi pour début septembre. Autant dire rien.

Mardi 16 Février 2010, © L'Est Républicain / EST_REPUBLICAIN

Le président Nicolas Sarkozy a laissé un peu de répit aux syndicats, inquiets à la perspective d'une réforme des retraites à la hussarde, en déclarant hier à la clôture du sommet social qu'un projet de loi sur ce sujet serait déposé au parlement «début septembre».
En revanche, le président de la République n'a pas donné satisfaction aux syndicats qui réclament d'urgence une solution pour les chômeurs en fin de droits et privés de toute ressource, renvoyant à «une concertation» avec le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez.
Sur les retraites, le chef de l'Etat a indiqué que «compte-tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions. Au début du mois de septembre, le gouvernement prendra ses responsabilités et déposera un texte au parlement », tout en précisant qu'il n'était «pas question de passer en force».
La concertation commencera début avril quand le Conseil d'orientation des retraites (COR) fera connaître ses projections financières sur l'équilibre des régimes.
Ce calendrier ne donne qu'à moitié satisfaction aux syndicats. Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) avaient insisté pour que le débat se déroule «sur l'ensemble de l'année 2010».
Selon M. Thibault, «les choses vont tout de même aller relativement rapidement», donc «il ne faut pas perdre de temps» pour mobiliser les salariés. «C'est quand même un calendrier assez restreint», a estimé M. Chérèque.
Six organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) devaient se retrouver dans la soirée pour décider d'une éventuelle journée d'action.
Le chef de l'Etat n'a jusque-là pas dévoilé ses intentions, mais plusieurs ministres ont laissé entendre que le gouvernement privilégie deux pistes, le recul de l'âge légal de départ en retraite ou/et l'allongement de la durée d'activité.
Fort de l'opposition d'une majorité de Français, la plupart des syndicats se sont déjà déclarés hostiles à ces deux pistes.
Optimiste, la présidente du Medef Laurence Parisot a jugé qu'«un consensus» était «possible».