Une chance pour les salariés

Publié le 03/01/2012
SeaFrance : le gouvernement va finalement soutenir le projet de coopérative
Une chance pour les salariés
Une chance pour les salariés
SeaFrance : le gouvernement va finalement soutenir le projet de coopérative

© L'Est Républicain, Mardi le 03 Janvier 2012 / Ouverture France-Monde

 

La compagnie de ferries SeaFrance assure le trafic transmanche entre Calais et Douvres. Photo AFP

LE GOUVERNEMENT qui s'était jusqu'ici montré réticent à soutenir la reprise de la compagnie de ferries SeaFrance, filiale de la SNCF en liquidation judiciaire, par ses propres salariés a finalement décidé hier de donner sa chance au projet de coopérative (Scop) portée par la CFDT.

« Le gouvernement a décidé de soutenir le projet de Scop du mieux des moyens de l'Etat », a déclaré la ministre de l'Ecologie et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet, à l'issue d'une réunion à l'Elysée, où il a été décidé d'aider les salariés licenciés à investir leurs indemnités dans l'entreprise.

Ce changement de cap intervient alors que le ministère des Transports s'était toujours montré sceptique sur la viabilité du projet de coopérative, Mme Kosciusko-Morizet expliquant jusqu'à hier matin sur France Inter que cette solution « n'était pas possible ».

Thierry Mariani, le ministre en charge des Transports, espérait il y a quelques jours encore qu'« un autre repreneur » se manifesterait, allusion à l'offre avancée par le français Louis Dreyfus Armateurs (LDA) qui prévoyait de conserver 460 emplois équivalents temps plein. Cette offre avait toutefois été retoquée le 16 novembre par le tribunal de commerce.

« Aujourd'hui, il ne nous reste qu'un seul projet », a déclaré M. Mariani à l'issue d'une rencontre avec les syndicats de SeaFrance. « Si l'on met l'argent des primes de licenciement au capital de SeaFrance, la société peut reprendre », a-t-il expliqué.

Sarkozy veut une indemnisation des salariés par la la SNCF

Dans la matinée, Nathalie Kosciusko-Morizet avait expliqué qu'il s'agissait d'utiliser « les indemnités que percevraient les salariés en cas de cessation d'activité pour financer la Scop ». Ces indemnités pourraient être « majorées par des indemnités extralégales », a ajouté Mme Kosciusko-Morizet, sans toutefois préciser leur montant.

Rappelant que les collectivités locales ont proposé de s'engager dans le projet à hauteur de 12 millions d'euros, la ministre a indiqué que l'ensemble des fonds ainsi rassemblés permettrait de « couvrir » les besoins nécessaires à la création de la Scop, soit « 40 à 50 millions d'euros ».

L'offre du gouvernement, qui a été présentée dans l'après-midi aux syndicats au ministère des Transports, « passe par le rachat des bateaux par la SNCF, qui les relouerait ensuite pour une somme modique à la Scop », a déclaré Didier Cappelle, secrétaire général de la CFDT Maritime Nord. Le syndicaliste a toutefois déploré que, dans ce cas de figure, la SNCF « resterait propriétaire des navires ».

Enfin, on apprenait hier soir que Nicolas Sarkozy avait demandé à la SNCF de verser une indemnisation exceptionnelle aux salariés.