Une mobilisation en appelle une autre

Publié le 24/09/2010
La 4e journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites a donné lieu hier à davantage de cortèges dans les villes de France que le 7 septembre. Les syndicats envisagent déjà des suites.
Une mobilisation en appelle une autre
Une mobilisation en appelle une autre
La 4e journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites a donné lieu hier à davantage de cortèges dans les villes de France que le 7 septembre. Les syndicats envisagent déjà des suites.

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 24 Septembre 2010 / IG
 

 

Les syndicats se sont particulièrement réjouis de l'implication croissante des salariés du privé.Ils étaient notamment bien visibles à Toulouse. Photo AFP

Les manifestants contre la réforme des retraites étaient encore très nombreux dans les rues de toute la France, hier, avec des cortèges aussi fournis que le 7 septembre dans la plupart des villes, et malgré une baisse du nombre de grévistes enregistrée dans le secteur public, selon le gouvernement, ce que contestent les syndicats.
LE FAIT DU JOUR

Pour la CGT de Bernard Thibault, Nicolas Sarkozy et le gouvernement « doivent accepter d'ouvrir une réelle négociation sur les propositions alternatives susceptibles de garantir le financement des retraites et le maintien du droit au départ à 60 ans ». Et de prévenir : « Toute autre attitude serait désormais susceptible de provoquer une crise sociale de grande ampleur ».

Une réunion intersyndicale est prévue aujourd'hui au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour décider des suites du mouvement. L'idée d'une manifestation le week-end - le 2 ou le 3 octobre - est notamment à l'ordre du jour de cette rencontre. Des assemblées générales sont également annoncées par les syndicats dans plusieurs grandes entreprises aujourd'hui, ou lundi prochain, notamment à la SNCF, à la RATP, chez Total ou encore à EDF et GDF.

Après une journée nationale de perturbations, la SNCF annonçait hier soir encore quelques difficultés sur certaines lignes pour la journée d'aujourd'hui. Trois fédérations de cheminots (Sud, FO et CFTC) ont en effet déposé des préavis de grève reconductible.

« Gouvernement aux abois »

Les chiffres communiqués hier par les directions des entreprises publiques (SNCF, RATP, La Poste) étaient également à la baisse, ou à la hausse si l'on se place du point de vue des syndicats.

Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU), « on a la preuve que le gouvernement est aux abois et fragilisé en disant qu'il y a moins de grévistes aujourd'hui alors qu'on ne désemplit pas par rapport au 7 ».

Au soir de cette journée, le numéro un de la CFDT François Chérèque a parlé de « pari perdu pour le gouvernement, qui espérait un affaiblissement du mouvement ». Son homologue de la CGT Bernard Thibault s'est félicité de « l'ancrage » de la protestation, en raison d'« un renouvellement des manifestants : une partie n'a pas forcément fait une deuxième journée mais nous avons de nouvelles personnes ».

Selon le dirigeant de l'Unsa (autonome) Alain Olive, « il faut que le gouvernement se rende compte que sa réforme ne passe pas. Il a intérêt à revoir sa copie ».

Côté politique, si le gouvernement faisait état d'une « baisse sensible » de la mobilisation, à gauche, la présidente PS de Poitou-Charentes Ségolène Royal a dénoncé une « manipulation par l'Elysée », avec « des chiffres minorés avant même que les cortèges démarrent ». Selon elle, partout en France, tous les cortèges sont en effet « aussi importants, voire plus, que le 7 septembre dernier ». Tout autre est l'analyse de l'exécutif. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a estimé que la baisse du nombre de grévistes « signifie que soit les Français considèrent que tout cela est déjà derrière eux, soit qu'ils adhérent davantage à la réforme ».