Une parenthèse dans la tempête

Publié le 04/09/2012
Le fêter ou ne rien faire ? Très écoutées des 12.000 salariés, les organisations syndicales ne se débineront pas. Mais le centenaire de l'usine ne sera pas célébré partout avec le même entrain. Si la direction du site invite à faire la part des choses, certains leaders trouvent l'anniversaire saumâtre.
Une parenthèse dans la tempête
Une parenthèse dans la tempête
Le fêter ou ne rien faire ? Très écoutées des 12.000 salariés, les organisations syndicales ne se débineront pas. Mais le centenaire de l'usine ne sera pas célébré partout avec le même entrain. Si la direction du site invite à faire la part des choses, certains leaders trouvent l'anniversaire saumâtre.

© Vosges Matin, Mardi le 04 Septembre 2012 / France Monde / Sochaux

Souffler sur les bougies alors que PSA vient d'annoncer la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois et la suppression de 579 postes à Sochaux (sans compter les centaines d'intérimaires sur le carreau pour adapter l'effectif au niveau des ventes), c'est au-dessus des forces de certains. Bruno Lemerle, porte-voix de la CGT sochalienne, conçoit tout de même qu'« on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas ». C'est pourquoi la CGT invite le 8 septembre à une série de débats, tout en respectant la décision de Bernard Lavilliers d'annuler son concert dans l'usine. Contestataire par essence, le syndicat organise par ailleurs une contre-expo en réponse à l'expo bien fichue de la direction. Bien fichue, mais de laquelle Peugeot aurait occulté certaines pages d'histoire, affirme Bruno Lemerle... qui ne s'interdit pas de faire venir Lavilliers un de ces jours...

Et si la rentrée commence à virer à l'aigre (CFDT) en certains points de l'immense usine, tout le monde s'accorde sur un point : « Cent ans, ça n'arrive pas tous les jours ». Force ouvrière mettra donc le poing dans la poche pour cet événement « extraordinaire » et « fort », persuadée que les Francs-Comtois sauront « se retrousser les manches » comme en 1989, à condition de remettre « un peu de social dans la société ».

Quant à « la façon de faire » de Lavilliers, Pascal Pavillard (FO) ne l'apprécie guère. « Il sanctionne les salariés, pas la direction. En plus, sur scène, il aurait pu faire passer des messages. Et pour une fois qu'on avait quelque chose de gratuit... » Reste l'exposition officielle du centenaire. Ou la brochure « vérité » de la CGT qui aurait fait « un tabac » lors des premières distributions.

Damien BESSOT