Une victoire du réformisme

Publié le 31/03/2011
C'est toujours cela de gagné. Le problème du financement des retraites complémentaires est loin d'être résolu, mais les salariés et les prochains retraités du privé ont obtenu un répit jusqu'en 2015.
Une victoire du réformisme
Une victoire du réformisme
C'est toujours cela de gagné. Le problème du financement des retraites complémentaires est loin d'être résolu, mais les salariés et les prochains retraités du privé ont obtenu un répit jusqu'en 2015.

Le Républicain Lorrain, Jeudi le 31 Mars 2011 / IG /

 

 La signature de la CFTC permet la validation d'un accord paritaire qui stabilise jusqu'à cette date le taux de rendement des retraites Agirc et Arrco, alors que ce taux baissait lentement depuis quelques années. Toutefois, le refus opposé par le patronat d'augmenter les cotisations fragilise à plus long terme un régime qui aura besoin de 45 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2030. Et cela malgré la récente réforme du régime général des pensions de base qui, en repoussant l'âge du départ à la retraite, fera gagner quelque 75 milliards aux caisses complémentaires. Réforme qui, en 2010, avait été combattue en vain par l'intersyndicale.

Cette fois, la CGC et surtout la CGT manquent à l'appel, ce qui confirme la rupture du front syndical et les distances prises par le premier syndicat français. L'échec du mouvement social sur la question primordiale des retraites a beaucoup affecté la CGT dont le secrétaire général, partisan de l'ouverture et d'un rapprochement avec la CFDT, s'est trouvé déstabilisé. Le recul observé depuis par la centrale dans ses bastions historiques que sont EDF, La Poste et la RATP a renforcé la position des radicaux favorables au retour à l'isolement sur le terrain des luttes sociales. Au détriment de la « ligne Thibault ». La CGT a d'abord rejeté l'agenda social du Medef, puis boycotté la mise en forme d'une plate-forme syndicale commune.

La signature de la centrale chrétienne, après celle, plus surprenante, de FO, qui vient aussi de parapher le projet d'accord sur l'assurance-chômage, démontre cependant que la CFDT et son réformisme affiché ne sont plus seuls comme ils le furent naguère pour la réforme Fillon des retraites.

Pierre FRÉHEL.