Vers la pénurie d'essence ?

Publié le 20/02/2010
Le gouvernement comme le groupe Total, dont les raffineries sont arrêtés par des grévistes, estiment que la France dispose de 10 à 20 jours de réserve de carburants.
Vers la pénurie d'essence ?
Vers la pénurie d'essence ?
Le gouvernement comme le groupe Total, dont les raffineries sont arrêtés par des grévistes, estiment que la France dispose de 10 à 20 jours de réserve de carburants.

Samedi 20 Février 2010, © Vosges Matin / FRANCE

Les salariés des raffineries du groupe Total sont persuadés que le manque d'essence se fera sentir sous cinq jours.

L'arrêt progressif des raffineries de Total a débuté hier dans le cadre d'une grève illimitée des salariés pour l'avenir de leur activité, direction et gouvernement assurant toutefois qu'il n'y a ' pas de risque de pénurie' de carburant à court terme, à la veille de vacances. 'Les manoeuvres d'arrêt des raffineries sont enclenchées. A ce stade, il n'y a pas de risque de pénurie' , a indiqué la direction du groupe pétrolier. Le ' risque de pénurie ' n'est 'vraiment pas un argument qu'il faut utiliser ', a aussi affirmé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. D'après l'Union française des industries pétrolières (Ufip), les stocks de carburants représentent entre 10 et 20 jours de consommation et il faut ' que les automobilistes aient un comportement normal, ils trouveront du carburant sur la route' . A la raffinerie de Feyzin (Rhône), le directeur avait cependant admis jeudi que 'si la grève continue, il y aura des tensions dans la région Rhône-Alpes dans les prochains jours '. Total assure environ la moitié de l'approvisionnement des stations-service françaises. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a contacté hier le PDG de Total, Christophe de Margerie, pour lui demander de ' rassurer très rapidement les salariés '. Ceux-ci ont voté jeudi en assemblées générales en faveur d'une 'grève illimitée' et de l'arrêt total de certaines unités dans les six raffineries françaises du groupe pétrolier : Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), Grandpuits (Seine-et-Marne), Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône) et Dunkerque (Nord). Ce dernier site, à l'origine du conflit national, est menacé de fermeture. Ses salariés sont déjà en grève depuis un mois et occupent les locaux administratifs depuis mardi. Pour arrêter les raffineries, ' on n'appuie pas sur un bouton : les salariés demandent la procédure d'arrêt et respectent des consignes de sécurité ', a expliqué la CFDT, à l'initiative du mouvement national depuis mercredi aux côtés de la CGT, FO et Sud. Appel au boycott des stations Total Les syndicats ont évoqué des arrêts complets dès lundi soir à Donges ou mardi matin à Grandpuits. Selon Charles Foulard (CGT), ' au bout de cinq jours d'arrêt, il peut y avoir un début de pénurie d'essence dans les stations-services '. Mais, pour la CFDT, ' compte tenu que, depuis mercredi, les expéditions ont déjà cessé et que le débit des raffineries a été réduit au minimum, le processus pourrait être plus rapide '. La grève touche aussi des dépôts - sept sur 31 hier selon la direction - ce qui peut compliquer l'approvisionnement dans certaines régions. Le ministre de l'Industrie a rappelé au PDG de Total, qu'il recevra ce week-end, 'qu'il était hors de question en l'état de fermer la raffinerie des Flandres ', près de Dunkerque, sans projet alternatif, 'ni, évidemment, d'en fermer aucune autre en France' . Le conflit s'est de nouveau teinté de politique hier, le Modem du Nord/Pas-de-Calais, qui a appelé mardi au boycott des stations Total, ayant appelé François Bayrou et l'ensemble des listes Modem à rejoindre son initiative. La grève menace de s'étendre aux sites français d'ExxonMobil, la CGT du groupe ayant 'décidé d'interpeller les salariés ' des raffineries de Port-Jérôme (Seine-Maritime) et de Fos-sur-Mer (Bouches du Rhône) ainsi que des usines pétrochimique et chimiques de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) ' pour qu'ils rejoignent' les salariés de Total 'en lutte pour l'avenir du raffinage '.