Vers une nouvelle loi à l'automne

Publié le 06/07/2012
Éducation : Vincent Peillon a lancé hier la concertation pour « refonder l'école »
Vers une nouvelle loi à l'automne
Vers une nouvelle loi à l'automne
Éducation : Vincent Peillon a lancé hier la concertation pour « refonder l'école »

© L'Est Républicain, Vendredi le 06 Juillet 2012 / France-Monde + Vosges Matin

 

Vincent Peillon ne profite pas de l'état de grâce. Photo AFP

APRÈS LE TRAITEMENT de la rentrée en urgence, les premiers petits pas et les ballons d'essais, voici venu le temps de la consultation, qui ouvre la voie vers une nouvelle loi de programmation et d'orientation à l'automne. Avec l'ambition affichée de « refonder » l'école.

L'école doit être la priorité, a martelé le candidat Hollande, en promettant la création de 60.000 postes, et un effort plus particulièrement sur le primaire, qui en a bien besoin. Même si ce n'est pas qu'une question de moyens.

Les rapports de force qui s'établissent font apparaître trois tendances : rénovatrices avec l'Unsa, le Sgen-CFDT, la FCPE ; revendicatrice avec la FSU, majoritaire parmi les enseignants avec ses syndicats du primaire au supérieur (où l'Unsa la devance toutes catégories confondues) ; réservée voire conservatrice avec la PEEP et le Snalc.

Vincent Peillon cumule plusieurs handicaps : l'absence d'état de grâce, un front syndical plus dur, et un scepticisme ambiant sur les capacités de l'institution scolaire à se rénover ou à se laisser rénover.

De Jospin à Chatel

Jospin, c'était hier. Les années 90. L'élève au coeur du système éducatif, proclame-t-on alors. Les syndicats obtiennent des augmentations en contrepartie d'un changement de pratique (très partiellement mise en oeuvre), le lobby du tourisme qui reste très puissant a réussi à faire capoter la réforme des rythmes scolaires (7 semaines de travail, 2 de congés). Surviennent les libéralités sous Jack Lang (multiplication des options en lycée et accord généreux avec le privé pour enterrer la hache de guerre de 1984). Quant aux 158 propositions de Bayrou, qui s'en souvient encore ?

On oubliera Claude Allègre, éléphant au milieu d'un magasin de porcelaine, dont le diagnostic n'était pas forcément mauvais mais dont la manière de réformer manquait peut-être de doigté. À Jack Lang II, succède le mondain Luc Ferry, puis l'austère François Fillon, qui se casse les dents sur la réforme du bac, un diplôme que ne possédait pas son successeur, Gilles de Robien. Plume de Sarkozy sur l'Éducation, Xavier Darcos bénéficie à son arrivée d'une certaine bienveillance syndicale. Privé, pour des raisons budgétaires -déjà- d'une réforme du collège, qui en avait pourtant bien besoin, il tente de résister au 1 sur 2, s'attaque au lycée. Et fait exploser la marmite. Luc Chatel démine et dégraisse, avec zèle (80.000 postes), réforme, sans vraiment convaincre. Tandis que le supérieur, qui échappe aux suppressions de postes, est choyé, avec Valérie Pécresse. Même si la loi LRU n'a pas fait l'unanimité et devrait être retouchée.

L'arme Internet

Vincent Peillon a donc lancé hier cette concertation « totalement inédite » selon lui réunissant syndicats d'enseignants, fédérations de parents d'élèves, chercheurs... La réussite scolaire pour tous, la prévention du décrochage, la formation des enseignants, l'évaluation des élèves seront au menu de la réflexion, tout comme les rythmes scolaires. Un comité de pilotage a été installé qui devra présenter début octobre le rapport « Refondons l'école ». Alors qu'un site dédié à la concertation a été ouvert à l'adresse www.refondons lecole.gouv.fr, la FSU utilise elle aussi l'arme internet en lançant son propre site pour nourrir le débat (www.ideespourleducation.net). Un débat qui risque d'être passionné.

Philippe RIVET et

Marie-Hélène VERNIER