Violences scolaires : Chatel promet effectifs et formations

Publié le 09/04/2010
Luc Chatel a décidé hier, à l'issue des états généraux de la sécurité à l'école, de "renforcer la formation des professeurs", en termes de gestion des conflits, de tenue de classe et de formation continue.
Violences scolaires : Chatel promet effectifs et formations
Violences scolaires : Chatel promet effectifs et formations
Luc Chatel a décidé hier, à l'issue des états généraux de la sécurité à l'école, de "renforcer la formation des professeurs", en termes de gestion des conflits, de tenue de classe et de formation continue.

Vendredi 09 Avril 2010, © Vosges Matin / FRANCE

 

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a décidé de revoir le dispositif statistique actuel de mesure des faits de violences, ainsi que les procédures de sanctions.
La lutte contre les violences en milieu scolaire va passer par le renforcement de la formation des enseignants, de la sécurité pour les établissements difficiles et par une réforme du dispositif de sanctions, a annoncé hier le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Des décisions jugées par des représentants du monde éducatif 'en décalage' , avec les deux jours de débats des 'états généraux de la sécurité à l'école', décidés par le ministre après plusieurs incidents graves en début d'année dans le Val-de-Marne, dont la mort d'un lycéen. D'abord, M. Chatel n'a pas pu faire l'impasse sur les demandes de formation des personnels, qui ont été le leitmotiv de ces 'états généraux' convoqués à la Sorbonne. A l'avenir, les étudiants préparant les concours d'enseignants auront en master ' une formation spécifique à la gestion des conflits ' et chaque professeur recruté suivra lors de sa première année d'exercice un ' module de tenue de classe.' ' L'ensemble des personnels' des établissements les plus exposés auront aussi de la formation continue, a détaillé le ministre, sans précision d'horaires. Les annonces dans ce domaine étaient d'autant plus attendues que l'actuelle réforme de la formation, dite 'masterisation', est presque unanimement dénoncée par le monde éducatif comme affaiblissant la pédagogie et l'alternance. 'Le métier d'enseignant, cela s'apprend ' et 'il n'y a pas à opposer transmission des savoirs et pédagogie' , a d'ailleurs martelé Eric Debarbieux, président du conseil scientifique de préparation et suivi des états généraux. 'En décalage' Comme 10% des établissements concentrent la moitié des violences, des efforts sont concentrés sur les académies les plus exposées. Les effectifs des 'équipes mobiles de sécurité' (équipes mixtes composées de personnels éducatifs, policiers et gendarmes) vont y être doublés et des expérimentations seront faites dans une centaine d'établissements dès la rentrée 2010, pour permettre aux chefs d'établissements de choisir leurs équipes et faciliter les innovations pédagogiques. M. Chatel a aussi décidé de réformer les procédures de sanctions, avec un recours moins systématique aux exclusions, la tenue du conseil de discipline à l'extérieur de l'établissement scolaire et une ' motivation écrite' pour chaque sanction disciplinaire. Le dispositif statistique de mesure des violences va devenir trimestriel et inclure une ' enquête de victimation ' fondée sur les déclarations des victimes. Enfin, M. Chatel a annoncé une ' conférence nationale ', très attendue par le monde éducatif, sur les rythmes scolaires. Hormis ce dernier point, représentants d'organisations enseignantes, lycéennes ou de parents ont, dans un même élan, jugé les choix ministériels 'en décalage' avec les débats. Il s'agit d'un ' rendez-vous raté ', a dit la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison, les décisions n'étant ' pas à la hauteur' des propositions faites, a renchéri Thierry Cadart pour le Sgen-CFDT. Les deux journées de débats ont été un 'réquisitoire' contre la politique éducative menée depuis 2007 par le gouvernement, ont estimé Christian Chevalier pour le SE-Unsa et Antoine Evennou, président de l'organisation lycéenne UNL, politique dont M. Chatel ne s'est pas encore assez démarqué à leur goût.