Visite présidentielle A Montbard, le chef de l'État a longuement célébré la « filière d'excellence »

Publié le 04/09/2010
Les atomes crochus de Sarkozy. AUX OUVRIERS de Valinox Nucléaire, il redit sa détestation des 35 heures et parle des retraites.
Visite présidentielle A Montbard, le chef de l'État a longuement célébré la « filière d'excellence »
Visite présidentielle A Montbard, le chef de l'État a longuement célébré la « filière d'excellence »
Les atomes crochus de Sarkozy. AUX OUVRIERS de Valinox Nucléaire, il redit sa détestation des 35 heures et parle des retraites.

© L'Est Républicain, Samedi le 04 Septembre 2010 / France-Monde 

En bleu de travail sous le soleil de plomb, casque sur le crâne pour certains, ces salariés, qui fabriquent à Montbard (Côte-d'Or) des kilomètres de tubes en alliage de nickel pour les générateurs de vapeur des centrales, échangent des regards en coin. « Un jour, je partirai ! », leur rappelle Nicolas Sarkozy. « Vous ne vous direz pas : est-ce que sa cote de popularité était différente en janvier et en février ? Vous vous demanderez : est-ce qu'il a vraiment changé les choses ? »

Le propos se veut pédagogique... mais rate en partie sa cible. « Qu'il vienne bosser ici, il va voir ce qu'est le travail de nuit et la pénibilité, surtout pour les femmes », grince un gaillard resté volontairement en retrait lorsque les services de L'Élysée ont distribué les rôles de figuration autour de l'estrade du chef de l'État pour cet « échange informel », dosant avec soin les cheveux gris, les grands et les petits, les garçons et les filles. Les délégués syndicaux de la CGT et de la CFDT, qui ont eu un bref entretien avec le président quelques minutes plus tôt, ne bronchent pas. Eux attendent de Nicolas Sarkozy des assurances sur la pérennité de leur industrie.

« Pour rire »

Ils ne sont pas déçus. L'ode présidentielle à l'atome, qui sera célébrée à nouveau à l'occasion de la table ronde avec les chefs d'entreprises, est sans ambiguïté. « Les usines ce n'est pas des endroits où on pollue, c'est des endroits où on produit de belles choses », insiste-t-il. En 1999, sous le gouvernement Jospin, les « choix faits n'ont pas été loin de supprimer la filière nucléaire. Quand on dit qu'on l'aime, la filière nucléaire, mais qu'on laisse les choses en l'état, c'est du mensonge ». Le sénateur et président (PS) du conseil régional de Bourgogne, François Patriat, à l'époque ministre, sursaute. « La cité de Buffon serait-elle un théâtre pour des bouffonneries ? », glisse-t-il « pour rire ».

Nicolas Sarkozy persiste et signe. « Soit on fait totalement le choix du nucléaire, soit on ne le fait pas du tout », ajoute-t-il, avec l'inévitable hommage au général De Gaulle qui a voulu cette « filière d'excellence ».

« Absurdité »

Le président rappelle qu'il a décidé « les deux EPR », l'un quand il était ministre des Finances et l'autre comme chef de l'État. EDF et Areva doivent donc « arrêter de s'affronter ». Continuer leur « bagarre » serait « inacceptable », à l'international comme au plan interne. « On a vu ce qu'était une équipe de France qui ne s'entend pas », martèle le président. « Mais on a aussi vu avec l'athlétisme et la natation ce qu'est une équipe de France qui s'entend ».

Il n'y aura « aucune réduction » du crédit d'impôt pour la recherche, promet-il en prenant à témoin Christine Lagarde et Christian Estrosi. L'État « investira massivement » dans la filière pour la développer et sa prise de participation de 5 % dans le groupe Vallourec, auquel appartient Valinox Nucléaire et affaibli par la crise, en est le « signal, envoyé à tous ». Le président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée, François Sauvadet, l'approuve avec enthousiasme. Après tout, si le chef de l'État décide d'isoler Hervé Morin de ses troupes, comme il le fit naguère pour François Bayrou, peut-être le député et patron du conseil général de Côte-d'Or sera-t-il enfin ministre...

Jean-Pierre TENOUX