Avec Ségolène, Florange vivra !

Publié le 25/09/2011
A Gandrange hier, Ségolène Royal s'est montrée très offensive. Ironisant sur les valises, elle assure pouvoir trouver des solutions industrielles dès mai 2012.
Avec Ségolène, Florange vivra !
Avec Ségolène, Florange vivra !
A Gandrange hier, Ségolène Royal s'est montrée très offensive. Ironisant sur les valises, elle assure pouvoir trouver des solutions industrielles dès mai 2012.

© Le Républicain Lorrain, Dimanche le 25 Septembre 2011 / Région
 
Les promesses de Nicolas Sarkozy attendent toujours d'être gravées dans le marbre.Les syndicalistes et élus locaux espèrent que celles faites hier par Ségolène Royal ne resterontpas lettre morte. Photo Pascal BROCARD 

Je ne suis pas là dans une démarche électorale. » Ségolène Royal l'assure en arrivant, hier matin, en mairie de Gandrange pour y rencontrer des représentants syndicaux d'ArcelorMittal. Mais le naturel est très vite revenu au galop.

Depuis avril 2008 et les promesses non tenues par Nicolas Sarkozy, on ne se rend pas à Gandrange par hasard. La commune, qui a vu fermer son aciérie en mars 2009, est devenue bien malgré elle le symbole de l'échec de la politique économique du chef de l'État. Et comme la voisine Florange se met aussi à tousser, suite à l'annonce de la mise en sommeil de la filière liquide d'ArcelorMittal, la candidate aux primaires socialistes a flairé que l'affaire pouvait faire grand bruit. A huit mois de la présidentielle, elle pourrait même devenir un des enjeux majeurs de la campagne à venir.

Tout juste descendue de voiture - veste rouge pivoine, chemisier blanc, pantalon de tailleur noir et petites ballerines de la même couleur - la candidate aux primaires socialistes, accueillie par les élus PS du secteur, ne tarde pas à sortir l'artillerie lourde à l'encontre du gouvernement. Et à conjuguer ses verbes au futur : « Avec moi (sous-entendu à la tête de la France), il y aura un État stratège, qui décide, qui intervient, qui s'engage, qui sauve ses emplois. Je condamne l'inertie actuelle du gouvernement. Avoir cette industrie lourde est une chance pour la France. Cela relève de l'intérêt national de la défendre. Surtout lorsqu'il existe des solutions industrielles », a-t-elle martelé devant les journalistes, puis dans son face-à-face avec la CFDT, les autres organisations ayant boudé la rencontre.

Jouer la montre

La candidate à l'investiture a décliné deux de ses mesures phares pour sauver l'emploi en France : « L'interdiction des licenciements boursiers » et « l'entrée de l'État au capital des industries stratégiques ». Un peu comme elle l'a fait à l'échelle de sa région en 2009, lorsque le conseil régional de Poitou-Charentes est entré à hauteur de 5 MEUR au capital de l'équipementier et constructeur automobile Heuliez.

Elle a ensuite ironisé à plusieurs reprises sur les affaires concernant la majorité. Morceaux choisis : « Les autorités sont occupées à autre chose en ce moment qu'à sauver l'industrie lourde. » Ou : « On aurait bien besoin des valises pour financer le projet Ulcos (captage et stockage de CO2 à Florange). » Sans oublier : « On peut essayer d'interpeller l'Elysée aujourd'hui. Peut-être que ses dirigeants ont un peu de temps pour gérer autre chose que les affaires de corruption qui les touchent. »

Rejouant à sa manière le désormais fameux « Gandrange vivra ! » de Nicolas Sarkozy, elle a enfin exhorté les syndicalistes à jouer la montre : « Il faut tenir jusqu'en mai 2012, faire en sorte d'arriver à cette date sans que rien ne soit irréversible, pour pouvoir définir des politiques industrielles qui tiennent la route. »

Philippe MARQUE.