Colère sourde des retraités

Publié le 12/10/2012
Revalorisation des basses pensions, accès aux soins, perte d'autonomie. Les retraités élèvent la voix.
Colère sourde des retraités
Colère sourde des retraités
Revalorisation des basses pensions, accès aux soins, perte d'autonomie. Les retraités élèvent la voix.

© L'Est Républicain, Vendredi le 12 Octobre 2012 / Ouverture Nancy

 

La colère était sourde, mesurée, presque timide, mais pourtant bien réelle, parmi les manifestants. Photo Denis MOUSTY

Quelques petites centaines de retraités ont bravé le mauvais temps pour manifester leur mécontentement, hier, sur le pavé nancéien.

« Je viens de casser mes lunettes et il faut que j'attende quatre mois pour un rendez-vous chez un ophtalmo. L'accès aux soins n'est pas facile ! Il y a ça, aussi, qui est en jeu. Ce n'est pas toujours une question d'argent », assure René Pommier, leader des retraités à la CGT de Meurthe-et-Moselle.

« Moi je n'ai pas à me plaindre de ma santé. Mais plus tard ? Comment est-ce que ça va se passer ? » interroge Yvette, 74 ans. La retraitée revendique « un financement national du cinquième risque. Celui d'être âgé. Celui de la dépendance... »

42 % en Lorraineavec moins de 1.100 EUR

Une amie, à ses côtés, précise « qu'il y a des personnes âgées qui ont besoin qu'on les aide à vivre mieux. Et qui n'osent rien demander ! »

Janine, retraitée fidèle des défilés CGT, avoue recevoir un complément de 300 EUR par mois du conseil général pour financer sa chambre en maison de repos. « Parce que ma retraite et ma pension de réversion ne sont pas suffisantes. Je suis tributaire de la solidarité de la société. Ça me gêne... ».

La colère était sourde, mesurée, presque timide, mais pourtant bien réelle, parmi les manifestants qui répondaient à l'appel des syndicats CFDT, CGT, FSU, UNSA et FGR-FP. Une majorité défilait pour des raisons financières.

« On subit la crise. En Lorraine, 42 % des retraités vivent avec moins de 1.100 EUR par mois. Est-ce que c'est ainsi qu'on respecte quarante années de travail ? » proteste René Pommier, en s'excusant d'élever la voix, parce qu'il a l'habitude de rester pondéré.

« Les retraités ne sont pas plus riches que les actifs, c'est faux ! Comment est-ce qu'on peut vivre décemment avec un minimum vieillesse de 777 EUR par mois ? En Lorraine, 15 % des retraités sont en dessous d'un seuil de pauvreté de 900 EUR par mois. Dont 60 % à 70 % de femmes qui ont des carrières professionnelles incomplètes. Ou qui n'ont pas de pensions de réversion », déplore Bernard Rudeau, chargé du dossier des retraités à la CFDT 54.

Fin des dépassements d'honoraires et des déserts médicaux, revalorisation des basses pensions, augmentation des taux de réversion, suppression des franchises médicales. Les revendications étaient multiples...

Philippe MERCIER

phmercier@voila.fr