Éducation : Les CM2 évalués

Publié le 20/01/2010
Pendant une semaine, leurs acquis en français et mathématiques sont testés. L'an dernier, l'académie avait affiché des résultats supérieurs à la moyenne nationale.
Éducation : Les CM2 évalués
Éducation : Les CM2 évalués
Pendant une semaine, leurs acquis en français et mathématiques sont testés. L'an dernier, l'académie avait affiché des résultats supérieurs à la moyenne nationale.

Mercredi 20 Janvier 2010, © L'Est Républicain / REGION-LORRAINE / RÉGION  + Vosges Matin Région

Une matinée particulière pour les élèves de CM2 de l'école de Boudonville, à Nancy, avec ces fameuses évaluations.
NANCY.- « C'est assez important mais il n'y a pas de quoi stresser », lâche très sereinement Gaïl-Ann, 10 ans. Elle vient de prendre place à son pupitre, comme chaque jour. La matinée n'est toutefois pas ordinaire dans la classe de CM2 de l'école de Boudonville à Nancy. C'est jour d'évaluations, comme dans toutes les écoles de France (790.000 élèves de CM2 sont concernés dont environ 30.000 en Lorraine).
Organisées pour la deuxième année, elles se déroulent sur la semaine entière et portent sur 60 compétences en français et 40 en mathématiques. Gaïl-Ann est d'autant plus confiante que les premiers tests de lundi matin lui ont paru « moins difficiles » que prévu. Adrien confirme. « Mais le temps était peut-être trop court pour certains exercices », nuance-t-il.

Adapter l'aide personnalisée


Ces tests ont pour objectif, selon le ministère, de dresser une photographie instantanée des acquis de chaque écolier. Elle doit ensuite permettre aux enseignants d'adapter leur dispositif d'aide personnalisée. Ces nouvelles modalités d'évaluation, visant non plus les classes de CE2 et de 6e, mais celles de CE1 et CM2 en milieu d'année, ont soulevé nombre de craintes et réticences l'an passé, remises sur le devant de la scène il y a une dizaine de jours par trois syndicats d'enseignants(SNUipp-FSU, SE-Unsa et Sgen-CFDT). Parmi elles, le codage binaire, l'absence de réussites partielles, la mise en concurrence des écoles... L'an dernier, près d'un quart des enseignants auraient boycotté ces évaluations, mais aucun en Lorraine selon le rectorat. « Certaines remarques émises l'an passé par les enseignants ont été prises en compte », explique Dominique Veillon-Perrin, IEN adjointe à l'inspecteur d'académie de Meurthe-et-Moselle. Notamment celles concernant un codage supplémentaire, l'acceptation de plusieurs réponses justes, des temps allongés pour certaines épreuves...

Une démarche de progression »


S'il convient de dédramatiser ces tests auprès des enfants, il convient de le faire aussi auprès des parents : « Ce n'est pas un examen d'entrée en 6e », leur rappelle Catherine Seuvic, institutrice, « les évaluations s'inscrivent bien dans une démarche de progression des élèves. » Et l'enseignante ne manque pas de rassurer sur l'aspect anonyme de la remontée des résultats. « Il n'y a pas de classement des écoles, les résultats sont donnés par département, par académie », confirme Martine Joly, inspectrice de l'Education nationale. Le gouvernement se donne comme objectif de diviser par trois la proportion d'élèves ne maîtrisant pas les fondamentaux à la fin du primaire. L'an dernier, l'académie de Nancy-Metz avait affiché des résultats supérieurs à la moyenne nationale. Paradoxe pour une région qui, à l'inverse, connaît un retard en matière de poursuite d'études post-bac. Une déperdition qui fait l'objet de la plus grande attention de la part du rectorat.


 

Marie-Hélène VERNIER