Ils souffrent au travail

Publié le 09/06/2011
C'est un hasard ou plus simplement l'air du temps qui a dicté deux études au sein du même syndicat,
Ils souffrent au travail
Ils souffrent au travail
C'est un hasard ou plus simplement l'air du temps qui a dicté deux études au sein du même syndicat,

© Vosges Matin, Jeudi le 09 Juin 2011 / Région Vosges

 

L'hôpital rend malade ses personnels, la justice les broie, c'est le résultat d'études menées par la CFDT. ( Photo Archives ER)

la CFDT. La première enquête au sein des établissements publics de santé a été menée au niveau national. Elle portait sur les conditions de travail des personnels soignants. La seconde est le fruit de la section Justice-Lorraine, qui, régulièrement prend le pouls des personnels de greffe. Le diagnostic est globalement le même dans ces deux administrations phares, met en évidence une grosse souffrance au travail. « Et tant pis si l'expression est galvaudée », observe Maurice Schreyer, CFDT Interco Justice Lorraine.

« L'hôpital rend malade ! », décrète quand à lui Alex Gorge, secrétaire de la section CFDT des hôpitaux de Nancy. Vrai que la situation semble encore un peu plus critique au CHU que dans la maison justice lorraine.

« 93 % des personnes interrogées au niveau national trouvent le travail stressant, à cause notamment de dégradations liées au rythme et à la charge de travail accrue, analyse Alex Gorge. À Nancy, ces évolutions sont pires encore, le plan de retour à l'équilibre amorcé début 2009 étant accompagné de la suppression de 650 emplois ! » Et le secrétaire syndical de brandir des exemples de dysfonctionnement relevés ces derniers jours. « L'hôpital gère au jour le jour une pénurie croissante de personnel. Pioche çà et là dans les services pour pallier les manques. Pour un jeu de chaises musicales infernal ! » L'hôpital d'enfants cristallise le mal-être avec des chiffres d'absentéisme record.

« On rappelle les gens en congés sans cesse... »

« En mai, 23 auxiliaires puéricultrices étaient en arrêt maladie longue durée sur un effectif de 150 ! Idem pour 7 ASH (agents de service hospitalier) sur un total de 70. Quelques absences inopinées en sus, enfants malades et autres RTT, et rien ne va plus, poursuit le syndicaliste. On rappelle les gens en congés sans cesse... Nous sommes très inquiets pour les vacances d'été, d'autant que celles-ci vont coïncider avec un grand nombre de départs en retraite ! » Il cite d'autres services touchés par cette hémorragie de personnel. Comme celui des soins palliatifs. « Les agents épuisés physiquement et psychologiquement ont carrément interpellé la direction pour faire part de leur état de burn-out. »

Selon lui, la chirurgie vasculaire ne va pas mieux. Côté Justice, la principale information est elle aussi édifiante : 56 % des personnels viennent au travail à reculons, 82 % ne s'y sentent pas épanouis. « Il y a divorce entre personnel et chefs de juridiction. 79 % pensent qu'ils ne sont pas à l'écoute, 52 % ont déjà regardé vers d'autres administrations... » Ajoutés à cela, un manque de reconnaissance salarial, pire, des propos sans cesse stigmatisants émanant du plus haut personnage de l'Etat et vous obtenez une majorité de personnels de justice en grande détresse.

Valérie RICHARD